Relecture de Jn 1,35 qui écarte la présence du Baptiste
| Référence | EMV 47.10 |
|---|---|
| Type | Cohérence interne |
| Verdict | Erreur confirmée |
| Note d'erreur | 72/100 |
| Confiance | haute |
| Énigme de J.-F. Lavère | La rencontre avec Jean, Jacques et André |
Passage
« “ (Après l’arrestation de Jean), le lendemain, les deux disciples de Jean-Baptiste à qui il m’avait désigné en disant : ‘Voici l’Agneau de Dieu’, me revoyant, m’appelèrent et me suivirent ” »
Lecture du texte
Le texte dit bien cela. En 47.10, Jésus (dictée) répond à une objection sur « le lendemain » de Jn 1,35 et demande de lire : « (Avvenuto ormai l'arresto di Giovanni) un giorno in seguito i due discepoli di Giovanni Battista, ai quali egli mi aveva indicato dicendo: 'Ecco l'Agnello di Dio', rivedendomi, mi chiamarono e mi seguirono ». Il ajoute donc au texte une incise absente de l'évangile. Dans la scène (47.1-2), le Baptiste est en prison à Machéronte ; c'est Jean de Zébédée qui crie « Agneau de Dieu », et la désignation par le Baptiste renvoie au baptême, plus de quarante jours plus tôt (47.8 ; 324.6 « dopo decine di giorni »). La traduction française est fidèle à l'italien.
Faits établis
Jn 1,35-37 (grec) : « Τῇ ἐπαύριον πάλιν εἱστήκει ὁ Ἰωάννης καὶ ἐκ τῶν μαθητῶν αὐτοῦ δύο, καὶ ἐμβλέψας τῷ Ἰησοῦ περιπατοῦντι λέγει· Ἴδε ὁ ἀμνὸς τοῦ θεοῦ. καὶ ἤκουσαν οἱ δύο μαθηταὶ αὐτοῦ λαλοῦντος καὶ ἠκολούθησαν τῷ Ἰησοῦ. » Le Baptiste est présent, il voit Jésus passer, il parle, et c'est en l'entendant que les deux disciples suivent Jésus. La difficulté que l'EMV veut résoudre (les 40 jours au désert après le baptême chez les synoptiques) est résolue depuis longtemps par une harmonisation courante : Jn 1,29-36 se situe après le retour du désert, au moment où le Baptiste, toujours libre, témoigne sur un baptême déjà passé (Jn 1,32-33 au passé). Cette solution n'oblige ni à emprisonner le Baptiste ni à changer le texte. Jn 3,23-24 montre d'ailleurs le Baptiste encore libre après ces événements.
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
Énigme 1008 (« La rencontre avec Jean, Jacques et André ») : « le lendemain » ne serait pas chronologique chez Jean, il servirait à rythmer le récit. Cela peut expliquer l'intervalle de temps, mais Lavère ne dit rien de la présence du Baptiste, qui voit et désigne Jésus en Jn 1,35-36, ni de la parole qu'il prononce. La défense ne répond donc pas à l'objection.
Défense du wiki Maria Valtorta
Page « Jean de Zébédée » : elle reprend le récit de l'EMV (disciples revenant de Machéronte, Jean qui crie « Agneau de Dieu »), sans justifier cette lecture face à Jn 1,35-36. Aucun argument.
Réponses aux critiques
rien trouvé
Autre défense possible
On peut supposer que l'évangéliste a fondu deux moments en un seul (la désignation au baptême et le ralliement après le désert). Ce serait avouer que Jn 1,35-37 est inexact dans sa lettre, ce qui est précisément l'objection. L'EMV écrit elle-même « leggete così » et ajoute une incise au texte.
Remarques
C'est une incohérence avec l'évangile, pas une erreur historique qu'on puisse vérifier par ailleurs. L'EMV reconnaît elle-même qu'il faut réécrire la lecture de Jn 1,35. Le problème des quarante jours qu'elle invoque se résout sans cette réécriture. Même méthode que pour 52.3-1 (jarres de Cana).