Parfum de « vanille » dans la bouche d'une Sicilienne du Ier siècle
| Référence | EMV 168.4 |
|---|---|
| Type | Anachronisme |
| Verdict | Douteux |
| Note d'erreur | 40/100 |
| Confiance | moyenne |
Passage
« des fleurs sauvages blanches et jaunes au parfum pénétrant d'amandier, de vanille, de chair à peine pure »
Lecture du texte
Italien : Aglaé raconte à Marie : « erano selvaggi fiori bianchi e gialli dal profumo acuto di mandorla, di vaniglia, di carne appena monda ». C'est bien Aglaé qui parle, pas une incise de la narratrice ; mais ses paroles (en grec ou en araméen) sont rendues dans l'italien de Valtorta.
Faits établis
La vanille cultivée (Vanilla planifolia) est mexicaine et n'arrive en Europe qu'au XVIe siècle. Des traces de vanilline ont été trouvées dans des cruchettes du Bronze moyen à Megiddo (Linares et al., JAS Reports 2019) et dans des jarres de Jérusalem (VIIe-VIe s. av. J.-C.), attribuées à des vanilles de l'Ancien Monde (Inde, Asie du Sud-Est, Afrique de l'Est). Ce résultat est discuté : la vanilline peut venir d'autres sources, comme l'huile d'olive ou la dégradation de la lignine. En tout cas, aucune source grecque ou latine ne nomme la vanille, ni aucun produit aromatique qui s'y rattache, dans la Sicile romaine.
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
Rien trouvé.
Défense du wiki Maria Valtorta
Page « Anachronismes apparents » (pageid 126), section « la Vanille » : la découverte de Megiddo (Times of Israel, PLOS One) lèverait l'anachronisme. Convainc peu : elle montre au mieux un usage ponctuel de vanilline au Levant, 1 600 ans plus tôt, discuté par les spécialistes, et rien pour la Sicile du Ier siècle ; le wiki présente aussi à tort la découverte comme remettant en cause l'origine mexicaine de la vanille cultivée.
Réponses aux critiques
Rien trouvé : aucune mention de cette plante dans defense-docs/ (Debroise, Thils, Maillard, réponses aux dominicains, à Wikipédia, etc.).
Autre défense possible
La meilleure défense est la traduction : un dialogue rendu en italien par la visionnaire peut employer un repère olfactif moderne (« vanille ») pour faire sentir une odeur au lecteur, comme on dirait aujourd'hui qu'une fleur (héliotrope, certaines orchidées sauvages) « sent la vanille ». Le mot porte sur une odeur, non sur un produit dont Aglaé ferait usage.
Remarques
La défense par la traduction est réelle, mais elle vaut pour tout anachronisme de vocabulaire placé dans un dialogue ; elle rend le cas indécidable plutôt qu'innocent.