Joppé décrite comme un grand port à digue avancée rempli de navires
| Référence | EMV 406.13 |
|---|---|
| Type | Géographie |
| Verdict | Douteux |
| Note d'erreur | 45/100 |
| Confiance | moyenne |
| Énigme de J.-F. Lavère | A Joppé Jésus exhorte Judas et enseigne des gentils |
Passage
« le ressac des flots paisibles venait mourir sur les écueils de la digue avancée d'un grand port rempli de navires »
Lecture du texte
Italien : « le placide onde, che andavano a morire con risucchio sugli scogli dell'antemurale di un porto capace pieno di navigli » ; les marins sont retournés sur leurs navires « di cui si vedono i fanali rossi ». « Antemurale » = brise-lames, môle avancé ; « capace » = vaste. Valtorta ajoute : « Che città sia non so. Certo bella e importante. » La localisation à Joppé vient d'une consigne dictée (405, fin) : « Vous placerez ici la vision du 20 septembre 1944 ... que vous intitulerez : A Joppé ... car cet épisode s'est produit là ». Le texte de la vision ne nomme pas la ville.
Faits établis
Josèphe, Guerre III, 9, 3 (§ 419-421) : Joppé « n'est pas naturellement un port » ; la côte y est rocheuse, avec des récifs qui avancent dans la mer, et le vent du nord y rend le mouillage dangereux (naufrages de 67 ap. J.-C.). Le port antique n'était qu'un petit bassin abrité derrière une ligne de récifs (les « rochers d'Andromède »), les grands navires mouillant en rade. Aucun môle artificiel d'époque romaine n'y est attesté. Joppé était pourtant le port principal de Judée avant Césarée, actif au Ier siècle (Ac 9-10 ; Strabon XVI, 2, 28), avec une flotte locale (Josèphe, Guerre III, 9, 2). Le grand port à môles de la région était Césarée (Sebastos).
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
Énigme [1152] « A Joppé Jésus exhorte Judas et enseigne des gentils » : ne parle que de la chronologie des visions et de la philosophie platonicienne, rien sur le port. Pas de défense.
Défense du wiki Maria Valtorta
Page « Joppé » : reprend la description de Valtorta (« Le grand port ») et dit que c'est « le seul port naturel entre Sicaminon et la frontière égyptienne ». Sans source et contraire à Josèphe, pour qui Joppé n'est justement pas un port naturel. Ne convainc pas.
Réponses aux critiques
Rien trouvé.
Autre défense possible
Les « scogli » peuvent être la barrière de récifs qui formait l'abri naturel de Joppé, prise par Valtorta pour un brise-lames ; des navires au mouillage, feux allumés, sont plausibles devant une ville portuaire active. En revanche, « un porto capace » (vaste) contredit Josèphe. La description conviendrait mieux à Césarée, mais c'est la consigne dictée, et non la vision, qui la place à Joppé.
Remarques
Deux niveaux : la vision seule (ville non nommée) n'est pas fautive ; c'est la combinaison avec la consigne « à Joppé » qui pose problème. Une ligne de récifs naturels explique la « digue », mais pas le « port vaste ».