Chevaux ferrés d'une patrouille romaine
| Référence | EMV 192.6 |
|---|---|
| Type | Anachronisme |
| Verdict | Faux positif |
| Note d'erreur | 10/100 |
| Confiance | haute |
Passage
« au milieu d'un grand fracas de sabots ferrés et de cuirasses »
Lecture du texte
L'italien dit seulement : « rimonta e sprona, seguito dai suoi con un grande sferragliar di zoccoli e corazze », soit un grand fracas métallique de sabots et de cuirasses. « Sferragliare » veut dire faire un bruit de ferraille, et le verbe s'applique au groupe (sabots ET cuirasses). « Sabots ferrés » est un ajout du traducteur français : l'original n'affirme pas que les chevaux sont ferrés.
Faits établis
État de la question : (1) le fer cloué est l'objet d'un débat non tranché entre datation ancienne (Hallstatt/La Tène jusqu'au début de notre ère) et datation médiévale (IXe-Xe s.) (Lazaris 2009) ; des fers cloués ont été trouvés en Gaule et en Bretagne, et J.-P. Guillaumet (Pallas 101, 2016) invoque une nouvelle preuve de ferrure dès l'époque celtique, mais les trouvailles anciennes sont mal stratifiées ; le premier fer cloué indiscutablement daté est celui de la tombe de Childéric (Tournai, Ve s.) ; les textes byzantins (Strategikon, VIe s.) évoquent des plaques de fer sous les sabots ; la ferrure se généralise en Europe au IXe s. (2) Ce qui est sûrement attesté au Ier siècle, ce sont les soleae ferreae / hipposandales, semelles métalliques amovibles attachées par des lanières : Catulle 17, 26 (une mule qui laisse sa « ferream soleam » dans la boue, Ier s. av. J.-C.), Suétone, Néron 30 (mules chaussées d'argent), Pline, HN 33, 140 (mules de Poppée chaussées d'or) ; hipposandales archéologiques surtout dans le nord-ouest de l'Empire, à partir du milieu du Ier s. apr. J.-C. (lot complet de Vindolanda, 140-180). (3) Pour le Levant, aucun fer cloué romain connu. La Mishna (Kelim 14, 5, vers 200) mentionne toutefois des « sandales de bête en métal » (distinctes de celles en liège) : la chaussure métallique amovible des animaux y est donc connue à l'époque tannaïtique.
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
Énigme 980 (« La purification d'Élisabeth », note 164, sur 25.4, où l'âne de Joseph « avait perdu un fer ») : Lavère affirme que « les fers et les hipposandales sont attestés plus de 150 ans avant Jésus-Christ » en citant Lazaris 2009, et renvoie à 327.2. Cela convainc à moitié : Lazaris penche pour une invention celtique mais expose un débat non tranché, et les hipposandales datées sont plutôt du Ier s. apr. J.-C. ; rien ne vaut pour la Palestine. L'énigme 426 (maréchaleries de 327.1-2, anciens soldats romains ferrant les bêtes le long des routes) ne cite aucune source sur la ferrure en Orient : elle affirme sans prouver.
Défense du wiki Maria Valtorta
Page « Monde gréco-romain à l'époque du Christ, dans l'œuvre de Maria Valtorta » : seul le titre de section « Le ferrage des chevaux » (La Greca, p. 138) figure parmi « Les présumés anachronismes historiques » ; le contenu n'est pas reproduit, donc invérifiable. Rien d'autre dans l'API ou dans rag_wiki_fr.
Réponses aux critiques
Rien trouvé : aucun document de defense-docs/ ne traite de ferrure, fers, hipposandales, horseshoes ou shod (les seules occurrences de « Ferri » renvoient au peintre Lorenzo Ferri).
Autre défense possible
Même si on lisait une allusion à des fers, une patrouille de cavalerie auxiliaire romaine est le cadre le plus vraisemblable pour des soleae ferreae.
Remarques
Anomalie créée par la traduction française.