« Route consulaire » pavée entre Béthel et Jérusalem vers 29
| Référence | EMV 195.3 |
|---|---|
| Type | Anachronisme |
| Verdict | Douteux |
| Note d'erreur | 40/100 |
| Confiance | moyenne |
Passage
« a vite fait d'essuyer les pierres de la route consulaire »
Lecture du texte
Italien : « Il sole ben caldo dell'aprile di Giudea ha presto asciugato le pietre della via consolare » ; en 195.4, « su questa via consolare ». C'est la narratrice (et non un personnage) qui parle, à l'approche de Jérusalem, lors de la Pâque 28 (chronologie Lavère). En italien, « via consolare » désigne une grande voie romaine (comme la via Aurelia, qui passe à Viareggio). Le texte présente donc bien la route du nord vers Jérusalem comme une grande voie romaine empierrée.
Faits établis
Le plus ancien milliaire romain connu en Judée est celui d'Afula (vallée de Jezreel), daté de 69 ap. J.-C., posé sous Vespasien par le légat Trajan père (B. Isaac et I. Roll, JRS 66, 1976). Selon Roll, le réseau routier romain de Judée s'est constitué à partir de la Première Révolte : avant 66, l'administration romaine utilisait des routes hérodiennes ou antérieures, et aucune source écrite ni archéologique n'atteste de construction ou d'entretien routier romain avant 66. L'essentiel du réseau jalonné date de Trajan et d'Hadrien (Legio–Sepphoris–Ptolémaïs : milliaire de 120). La seule voie impériale antérieure dans la région est la route côtière Antioche–Ptolémaïs de Claude (56 ap. J.-C.), hors de Judée et de Galilée. Les milliaires romains portent le nom de l'empereur, le gouverneur et un nombre de milles depuis une tête de voie ; ce ne sont pas des poteaux indicateurs portant plusieurs destinations sur leurs faces. La route Jérusalem–Néapolis n'est jalonnée de milliaires qu'à partir du IIe siècle. En revanche, une route de crête Jérusalem–Béthel–Sichem existait depuis l'âge du Fer, et une chaussée hérodienne empierrée n'est pas exclue. Enfin, les routes romaines de Judée étaient rarement pavées de dalles hors des villes : elles étaient faites d'un empierrement entre bordures.
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
Pas d'énigme sur 195.3. Dans la section sur Rama (discours de Rama, ch. 363), Lavère situe Rama entre les milliaires 6 et 7 de la voie romaine, d'après les fouilles de D. Livingston. Ces milliaires sont bien postérieurs à 30 et n'aident pas sur la date. L'énigme 426 sert de point de départ : Énigme 426 (« Ponts romains, bornes milliaires, maréchaleries ») : Lavère cite 315.4 et 478.1 comme pépites et s'appuie sur I. Roll pour dire que les routes décrites correspondent aux voies romaines retrouvées. Cela ne convainc pas sur la date : les tracés peuvent être anciens, mais les travaux de Roll qu'il cite datent justement les milliaires et l'aménagement romain d'après 69. Lavère ne traite pas du problème de date.
Défense du wiki Maria Valtorta
Rien de spécifique. Plusieurs pages géographiques (Béthoron, Emmaüs, Acor) parlent de « voie romaine » sans poser la question de la date. Ne convainc pas.
Réponses aux critiques
Rien trouvé dans defense-docs.
Autre défense possible
« Consolare » est un italianisme de la narratrice pour « grande route » ; les « pierres » peuvent être celles d'une chaussée hérodienne ou d'un simple chemin rocailleux, et une route importante existait bel et bien. Cette lecture réduit l'accusation à une qualification anachronique (« romaine ») d'une route réelle.
Remarques
La faute probable tient au qualificatif, non à l'existence de la route. Le mot de la narratrice est peu technique, d'où un score modéré.