« Porte Judiciaire » : nom médiéval d'une porte de Jérusalem
| Référence | EMV 581.7 |
|---|---|
| Type | Anachronisme |
| Verdict | Douteux |
| Note d'erreur | 45/100 |
| Confiance | moyenne |
Passage
« Joseph me disait que son jardin en dehors de la Porte Judiciaire semble tout à fait stérile, cette année. »
Lecture du texte
Italien : « Mi diceva Giuseppe che un suo orto fuor della Giudiziaria sembra affatto sterile quest'anno. » C'est Lazare qui parle. Le nom revient partout dans le récit de la Passion (608, 611, 619) pour la porte du chemin du Calvaire ; ici il situe un jardin de Joseph d'Arimathie hors de cette porte, ce qui est cohérent avec le jardin du tombeau près du Golgotha (Jn 19,41).
Faits établis
« Porta Judiciaria » : tradition de pèlerins attestée depuis la fin du XIIIe s. (Burchard du Mont-Sion, 1283), qui y voyait la porte où l'on affichait les sentences ; VIIe station du chemin de croix, au croisement du cardo et d'un decumanus d'Aelia Capitolina (Terra Sancta Museum). Aucune attestation antique du nom. En revanche une porte du deuxième mur près du Golgotha existait bien : Josèphe (Guerre V, 4, 2) nomme la porte Gennath, départ du deuxième mur ; le Golgotha était hors les murs (Jn 19,20 ; He 13,12).
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
Rien de spécifique : Lavère emploie lui-même « porte Judiciaire » sans commentaire dans ses énigmes sur la Passion et la Résurrection (récit du chemin de croix, 608.5 ; 619.1) ; énigme [479] générique sur les portes. Ne répond pas à l'objection.
Défense du wiki Maria Valtorta
Page « Enquête sur les évènements concomitants à la Résurrection de Jésus » (pageid 3324) : présente l'emplacement de la porte Judiciaire comme « très précisément connu » et l'utilise pour calculer des trajets, sans discuter l'ancienneté du nom. Page « Anachronismes apparents » (pageid 126) : principe des noms modernes pour le lecteur. Le second argument est recevable pour un simple nom ; le premier suppose que la tradition franciscaine localise une porte antique, ce qui reste discuté.
Réponses aux critiques
Rien trouvé (grep sur porte, Hérode, Judiciaire, Damas, tombeaux, géographie dans defense-docs ; seule la réponse générique de Thils, « Y a-t-il des erreurs historiques et géographiques ? », renvoie à Lavère sans cas précis).
Autre défense possible
Valtorta désigne par son nom traditionnel (le seul connu d'un lecteur catholique) une porte réelle du deuxième mur près du Golgotha, peut-être Gennath ; l'œuvre revendique cette pratique (312.14 ; note sur les noms « en italien pour que le lecteur comprenne »). Le nom dans la bouche de Lazare reste un anachronisme de mot, pas de lieu.
Remarques
Le nom est sans doute médiéval, mais la porte désignée est plausible : c'est l'anachronisme le plus facile à défendre de la famille.