Bornes milliaires romaines en Samarie/Judée vers l'an 30
| Référence | EMV 564.3 |
|---|---|
| Type | Anachronisme |
| Verdict | Erreur confirmée |
| Note d'erreur | 80/100 |
| Confiance | haute |
Passage
« l'une de ces bornes milliaires dont les Romains se servent […] comme sur toutes les voies entretenues par les Romains, un fossé est creusé »
Lecture du texte
Italien : « al punto di incrocio ha una delle pietre miliari che usano i romani, con su scritto sulla faccia settentrionale: "Neapoli" … scolpito ben grande coi caratteri lapidari dei latini … appena graffito nel granito: "Sichem"; nella faccia occidentale: "Silo-Gerusalemme"; … "Gerico" » ; puis « il fossatello che costeggia la via, come in tutte le strade che i romani hanno in cura ». Le texte décrit bien un milliaire romain à inscription latine au nord d'Éphraïm, peu avant la Passion (printemps 30), et généralise : les Romains entretiennent les routes et creusent des fossés.
Faits établis
Le plus ancien milliaire romain connu en Judée est celui d'Afula (vallée de Jezreel), daté de 69 ap. J.-C., posé sous Vespasien par le légat Trajan père (B. Isaac et I. Roll, JRS 66, 1976). Selon Roll, le réseau routier romain de Judée s'est constitué à partir de la Première Révolte : avant 66, l'administration romaine utilisait des routes hérodiennes ou antérieures, et aucune source écrite ni archéologique n'atteste de construction ou d'entretien routier romain avant 66. L'essentiel du réseau jalonné date de Trajan et d'Hadrien (Legio–Sepphoris–Ptolémaïs : milliaire de 120). La seule voie impériale antérieure dans la région est la route côtière Antioche–Ptolémaïs de Claude (56 ap. J.-C.), hors de Judée et de Galilée. Les milliaires romains portent le nom de l'empereur, le gouverneur et un nombre de milles depuis une tête de voie ; ce ne sont pas des poteaux indicateurs portant plusieurs destinations sur leurs faces. Ce milliaire porte en grand « Neapoli », nom né avec la fondation de Flavia Neapolis par Vespasien en 72 (voir 564.3-1, erreur confirmée). Son formulaire (une destination par face, sans empereur ni nombre de milles) n'est pas celui d'un milliaire romain. Le « granit » (« granito ») n'existe pas dans les monts calcaires de Samarie : les milliaires de Palestine sont en calcaire local.
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
Pas d'énigme sur 564.3. Énigme 426 (« Ponts romains, bornes milliaires, maréchaleries ») : Lavère cite 315.4 et 478.1 comme pépites et s'appuie sur I. Roll pour dire que les routes décrites correspondent aux voies romaines retrouvées. Cela ne convainc pas sur la date : les tracés peuvent être anciens, mais les travaux de Roll qu'il cite datent justement les milliaires et l'aménagement romain d'après 69. Lavère ne traite pas du problème de date.
Défense du wiki Maria Valtorta
La page « Sichem » relève la borne et admet que « Neapolis » serait antérieur à Flavia Neapolis, puisqu'en 30 Vespasien n'était pas célèbre. C'est un aveu du problème, sans source, et cela ne convainc pas.
Réponses aux critiques
Rien trouvé dans defense-docs.
Autre défense possible
Des repères non conservés ont pu exister ; mais la borne décrite est explicitement romaine, latine et porte un toponyme flavien, ce qu'aucune défense ne rattrape.
Remarques
Cette anomalie est liée à 564.3-1 (le nom Neapolis) : la borne décrite ne peut pas exister en 30. La généralisation sur les fossés des routes romaines est anodine en soi, mais placée ici en Samarie vers 30, elle est aussi sans appui.