« Les 613 préceptes des rabbins » au Ier siècle
| Référence | EMV 56.5 |
|---|---|
| Type | Anachronisme |
| Verdict | Erreur confirmée |
| Note d'erreur | 80/100 |
| Confiance | moyenne |
| Énigme de J.-F. Lavère | La Loi et les 613 préceptes |
Passage
« qui ai absorbé, non seulement les 613 préceptes des rabbins, en plus de l'Ecriture et des prières »
Lecture du texte
Jude, vers 27 : « io che sono divenuto figlio della Legge per merito di tua Madre e da Lei ho aspirato non i seicentotredici precetti dei rabbini, oltre la Scrittura e le preghiere, ma l'anima di esse tutte ». Le français (« qui ai absorbé non seulement les 613 préceptes… ») affaiblit un peu le sens (« non pas les 613 préceptes… mais leur âme »), mais le chiffre est bien présenté comme un corpus connu. Il revient en 40.6 (examen de Jésus, an 9), 272.3, 414.1, 471.6, 483, 542.
Faits établis
La première attestation sûre du chiffre est l'enseignement de R. Simlai, amora palestinien du IIIe siècle (Bavli Makkot 23b) : 365 interdits et 248 prescriptions. Des attributions à des tannaïm (Siméon b. Eléazar dans la Mekhilta, Ben Azzai dans le Sifré) sont signalées par l'Encyclopaedia Judaica, mais Urbach a montré que les manuscrits de ces passages portent le plus souvent « tous les commandements » et non « 613 », le chiffre ayant été ajouté ; même au temps du Talmud le décompte n'était pas consensuel, et les listes n'apparaissent qu'à l'époque des gaonim (azharot, Halakhot Gedolot) puis chez Maïmonide. Philon et Josèphe, qui exposent longuement les lois, ne connaissent pas ce chiffre. En outre les 613 sont des commandements de la Torah, non « des rabbins ».
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
Énigme 499 « La Loi et les 613 préceptes » : relève les occurrences et conclut que, la liste étant « directement héritée de la Loi de Moïse, rien n'interdit de penser qu'elle était déjà en vigueur au temps de Jésus ». C'est un argument d'absence sans source ; il confond les commandements eux-mêmes (anciens) et leur décompte en 613 (tardif). Ne convainc pas.
Défense du wiki Maria Valtorta
Rien trouvé sur l'origine du chiffre (la page « Elchias » cite seulement une occurrence).
Réponses aux critiques
Rien trouvé.
Autre défense possible
Le chiffre pourrait refléter une tradition orale plus ancienne que Simlai ; rien ne l'étaye, et les manuscrits suggèrent au contraire une insertion tardive. La défense « traduction dans le langage du lecteur » ne s'applique pas à un nombre.
Remarques
Anachronisme d'au moins un à deux siècles, répété dans plusieurs bouches (docteur en l'an 9, Jude, Barnabé, Jésus). Score limité à 80 car l'origine d'une tradition orale ne peut être datée avec certitude.