Un camphrier en pot aux feuilles minuscules en Galilée
| Référence | EMV 348.6 |
|---|---|
| Type | Nature |
| Verdict | Défendable |
| Note d'erreur | 15/100 |
| Confiance | moyenne |
Passage
« Porphyrée s’excuse de n’avoir apporté qu’un pot de camphrier magnifique aux feuilles verdâtres minuscules qui exhalent leur arôme rien qu’à les approcher. »
Lecture du texte
Italien : 'Porfirea si scusa di non avere portato che un vaso di canfora, splendido nelle minute foglioline glauche che sprigionano il loro aroma solo a sfiorarle. «Maria la desiderava questa pianta balsamica…» ... la bellezza rigogliosa dell'arboscello. «Oh! l'ho vegliato tutto l'inverno...»'. Le texte dit 'canfora' (pas 'albero della canfora') ; le français 'camphrier' surtraduit. La description (petit arbuste, feuilles minuscules glauques, arôme au frôlement) ne correspond pas à Cinnamomum camphora (grandes feuilles vert luisant).
Faits établis
Le camphre vrai (Cinnamomum camphora, Chine/Japon/Taïwan ; ou Dryobalanops de Bornéo) n'est pas connu en Méditerranée avant l'époque byzantine : première mention par Aétios d'Amida (VIe s.) ; le mot arabe kāfūr vient du malais via le moyen-perse kāpūr ; absent de Pline et de Dioscoride. Le camphrier comme arbre d'ornement autour de la Méditerranée est moderne. MAIS C. camphora a de grandes feuilles luisantes (7-12 cm), vert brillant, pas des 'foglioline minute glauche'. Des plantes indigènes à odeur camphrée existent au Levant : Camphorosma monspeliaca (Amaranthaceae, 'camphrée de Montpellier', sous-arbrisseau à petites feuilles linéaires grisâtres, aire Méditerranée-Mongolie incluant Syrie, Liban, Palestine), Artemisia herba-alba (armoise blanche du désert de Juda, huile riche en camphre/1,8-cinéole/thuyones) ; en italien, 'canfora/canforata' désigne aussi couramment ces plantes (Artemisia camphorata = 'canfora di artemisia'). La défense 'kopher = camphire' ne vaut que pour la KJV anglaise : la Vulgate (Ct 1,13 'botrus cypri') et les Bibles italiennes (Martini, Diodati : 'cipro') ne disent pas 'canfora' ; elle n'explique donc pas le mot italien de Valtorta.
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
Seule l'énigme 468 mentionne le camphre (citation de 300.7, sans discussion) ; rien sur ce passage.
Défense du wiki Maria Valtorta
Rien trouvé : aucune occurrence de camphre/canfora sur le wiki (recherche API), ni dans 'Anachronismes apparents dans l'œuvre de Maria Valtorta' (pageid 126, qui traite figuier d'Inde, tournesol, vanille) ni dans 'Monde gréco-romain à l'époque du Christ' (2643).
Réponses aux critiques
Rien trouvé : grep -i sur camphr/canfor/cinnam/cannel/jasmin/gelsomin/botani/flore dans les 12 documents de defense-docs/ ; seules occurrences hors sujet (citation de Si 24,15 'cinnamon' dans en-refutation-dominicans-avrille.txt ; 'pas de botanique' à propos de l'arbre de vie dans reponse-dominicains-avrille.txt). Aucune défense sur le camphre.
Autre défense possible
La plante décrite est un sous-arbrisseau aromatique à petites feuilles glauques et odeur camphrée : Camphorosma monspeliaca (indigène en Palestine/Syrie) ou une armoise camphrée ; appelée 'canfora' en italien courant. L'anomalie repose sur la traduction 'camphrier' et sur l'identification à C. camphora que le texte contredit.
Remarques
Proche du faux-positif : c'est la description même de Valtorta qui exclut le camphrier asiatique. Reste une petite incertitude sur l'espèce exacte visée.