Temple samaritain du Garizim présenté comme debout et beau vers 28
| Référence | EMV 146.2 |
|---|---|
| Type | Histoire |
| Verdict | Douteux |
| Note d'erreur | 50/100 |
| Confiance | moyenne |
Passage
« ne dites pas : “ Aussi bien notre Temple que le vôtre sont construits et reconstruits, et ils sont beaux. ” »
Lecture du texte
[Contrôle italien, 26/09/2026 — confirmee] Italien (146.2) : Oh! figli del Padre, non dite: "Tanto il nostro che il vostro Tempio sono sorti e risorti, e belli sono". No. Un albero scisso dal fulmine dalla cima alle radici non sopravvive. — Traduction fidèle sur le fond. « sono sorti e risorti » (« se sont élevés et relevés ») est rendu par « sont construits et reconstruits », et « belli sono » est bien au présent. L'incise « nonostante la materiale costruzione non paia lesa, ma anzi bella e nuova » est au singulier et porte sur l'édifice qui devient ensuite « il Tempio » ruiné par « i corvi stranieri », c'est-à-dire Jérusalem, comme l'avait vu la vérification antérieure.
Jésus s'adresse aux habitants de Sychar (146.1). Après la prière de Baruch sur le Temple « réduit à l'état où il se trouve aujourd'hui », il dit : « Vous qui êtes des enfants du Père, ne dites pas : “Aussi bien notre Temple que le vôtre sont construits et reconstruits, et ils sont beaux.” Non. » Suivent l'image d'un arbre foudroyé (Israël divisé par la séparation) puis l'incise « bien que l'édifice matériel ne paraisse pas abîmé mais encore beau et neuf ». Cette incise porte, au singulier, sur l'édifice dont Jésus annonce ensuite la ruine par les « corbeaux étrangers » : le Temple de Jérusalem (70). Elle ne porte pas sur un temple samaritain. L'affirmation litigieuse est placée dans la bouche des Samaritains (« notre Temple » = Garizim, « le vôtre » = Jérusalem) sous forme de phrase qu'ils ne doivent pas dire. Jésus la rejette sur le plan spirituel, sans en corriger le présupposé matériel qu'il existerait un temple samaritain actuel et beau.
Faits établis
Josèphe (Ant. XIII,254-256 ; Guerre I,63) : Jean Hyrcan détruit le temple du Garizim. Les monnaies des fouilles d'Y. Magen situent la destruction vers 111-110 av. J.-C. Le sanctuaire avait connu une phase perse (Ve s.) puis une reconstruction hellénistique (début IIe s.) : « construit et reconstruit » est donc exact au passé. Il ne fut pas rebâti ensuite ; le premier grand édifice est le temple romain de Zeus à Tell er-Ras (IIe s. ap. J.-C.). Au temps de Jésus, les Samaritains adorent « sur cette montagne » (Jn 4,20), sans temple. Josèphe, Ant. XVIII,85-87 (sous Pilate) et Guerre III,307-315 (67 ap. J.-C.) ne mentionnent aucun temple debout sur le Garizim.
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
rien trouvé (l'énigme [1038] sur la Samaritaine et [1191] sur le voyage en Samarie ne traitent pas l'état du temple du Garizim).
Défense du wiki Maria Valtorta
Page « Samaritain(e) » : « À l'époque de Jésus, le temple des Samaritains n'existait plus […] mais les Samaritains continuaient d'effectuer leurs sacrifices sur le mont Garizim. » Le wiki confirme donc le fait historique qui fonde l'accusation. Il ne défend pas le passage.
Réponses aux critiques
rien trouvé (defense-docs ne parle des Samaritains que de façon générale).
Autre défense possible
Il s'agit d'une phrase hypothétique prêtée aux auditeurs et aussitôt réfutée (« Non »). « Construits et reconstruits » est historiquement juste pour le Garizim au passé, et le culte sur la montagne (autel, lieu saint) se poursuivait : un Samaritain pouvait parler de « notre Temple » au sens du lieu de culte. Enfin, le « beau et neuf » concerne le Temple de Jérusalem. Cette défense est sérieuse, mais « ils sont beaux », au présent et pour les deux, reste difficile à tenir.
Remarques
Le fiche d'anomalie attribue à tort le « beau et neuf » au temple samaritain : cette incise vise Jérusalem. Seule reste la citation hypothétique « ils sont beaux ». La vérification de l'italien (« sono costruiti e ricostruiti, e sono belli » ?) pourrait trancher sur le temps du verbe.
Sources
- [1]
- [2]
- [3]
- [4]
- Y. Magen, Mount Gerizim Excavations II: A Temple City (Jérusalem, IAA, 2008)
- R. Pummer, The Samaritans: A Profile (Eerdmans, 2016)