Route aux « pierres romaines » près d'Engaddi vers 5 av. J.-C.
| Référence | EMV 390.6 |
|---|---|
| Type | Histoire |
| Verdict | Douteux |
| Note d'erreur | 60/100 |
| Confiance | basse |
Passage
« on apercevait, au-delà, le désert et la route blanche, à cause des pierres romaines encore bien visibles dans les sables de Juda… Plus tard… cette marque aussi a disparu ! »
Lecture du texte
Italien : « si vedeva, oltre, il deserto, e la via biancheggiante per le pietre romane, allora ancora ben visibili nelle sabbie di Giuda… Dopo… finito anche quel segno! » C'est un personnage, le vieil Abraham d'Engaddi, qui raconte vers 29 un souvenir du passage des Mages (vers 5-4 av. J.-C.). « Allora ancora ben visibili » signifie « alors encore bien visibles » : une chaussée romaine déjà ancienne sous Hérode, qui aurait disparu depuis. « Quel segno » renvoie à la fois à la route et, au figuré, au signe de Dieu.
Faits établis
Le plus ancien milliaire romain connu en Judée est celui d'Afula (vallée de Jezreel), daté de 69 ap. J.-C., posé sous Vespasien par le légat Trajan père (B. Isaac et I. Roll, JRS 66, 1976). Selon Roll, le réseau routier romain de Judée s'est constitué à partir de la Première Révolte : avant 66, l'administration romaine utilisait des routes hérodiennes ou antérieures, et aucune source écrite ni archéologique n'atteste de construction ou d'entretien routier romain avant 66. L'essentiel du réseau jalonné date de Trajan et d'Hadrien (Legio–Sepphoris–Ptolémaïs : milliaire de 120). La seule voie impériale antérieure dans la région est la route côtière Antioche–Ptolémaïs de Claude (56 ap. J.-C.), hors de Judée et de Galilée. Sous Hérode le Grand (royaume client), on ne connaît aucune voie construite par Rome dans le désert de Judée ; la présence romaine en Judée ne date que de 63 av. J.-C. L'accès à Ein Gedi (Ma'ale Ein Gedi, route de Tekoa) est aménagé à l'époque romaine tardive, avec le poste militaire des IIe-IVe siècles. Une route « romaine » déjà ancienne et en voie d'ensablement vers 5 av. J.-C. est donc invraisemblable.
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
Énigme 1146 (« En allant vers Engaddi et Masada ») : Lavère dit que le groupe arrive « par le wadi David et l'antique voie romaine », sans discuter la date ; il s'agit du tracé de la route, pas de son existence sous Hérode. Ne convainc pas sur ce point.
Défense du wiki Maria Valtorta
La page « Engaddi » reprend « l'antique voie romaine » comme une confirmation. Aucune discussion de date.
Réponses aux critiques
Rien trouvé dans defense-docs.
Autre défense possible
C'est un personnage qui parle, et « romaines » peut être une façon populaire de qualifier une chaussée hérodienne ou hasmonéenne empierrée. La phrase est en partie figurée (le « signe » qui s'efface). Cela affaiblit l'accusation sans l'annuler.
Remarques
Placer dans la bouche d'un Judéen de 29 l'expression « pierres romaines » pour une route déjà vieille avant l'an 1 relève de l'imagerie italienne ; les sources sur la route Tekoa–Ein Gedi n'en font pas une voie romaine d'époque augustéenne.