Pilate hume de l'« erba cedrina » (verveine citronnelle), plante américaine
| Référence | EMV 604.21 |
|---|---|
| Type | Nature |
| Verdict | Erreur confirmée |
| Note d'erreur | 72/100 |
| Confiance | haute |
Passage
« il entre en frottant entre ses mains des feuilles de cédrat dont il hume l’odeur avec volupté »
Lecture du texte
Décisif : « stropiccia fra le mani delle fronde di erba cedrina e le fiuta con voluttà... Si fa portare acqua cedrata e si gargarizza la gola ». « Erba cedrina » est la verveine citronnelle, pas le cédratier : la traduction française crée un faux détail d'époque et masque un anachronisme botanique.
Faits établis
Les « feuilles de cédrat » n'existent qu'en français. L'italien dit « fronde di erba cedrina », c'est-à-dire la verveine citronnelle (Aloysia citrodora, ex Lippia citriodora, appelée aussi erba Luigia ou limoncina). Cette plante vient d'Amérique du Sud (Pérou, Chili) et les Espagnols l'ont introduite en Europe au XVIIe-XVIIIe s. : Pilate ne pouvait pas en avoir, c'est un anachronisme. L'« acqua cedrata » (eau parfumée au cédrat) est en revanche possible : le cédrat est présent au Levant et en Italie à l'époque (Langgut 2017), et les Anciens s'en servaient pour l'haleine et la bouche (Théophraste HP IV,4,2 ; Virgile, Géorgiques II,134-135 ; Pline HN XII,16). Mais la « cedrata » est surtout la boisson au sirop de cédrat très répandue dans l'Italie du XXe s. (Tassoni, etc.), ce qui rend plus probable une projection de la vie quotidienne de l'autrice. Les cadrans solaires et le brasier à encens devant une statue relèvent du décor romain le plus banal.
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
L'énigme 1208 (comparution devant Pilate) ne traite ni de l'erba cedrina ni du cédrat.
Défense du wiki Maria Valtorta
La page « Orangers de Lybie » rappelle que seul le cédrat est attesté à l'époque, sans rien dire de l'erba cedrina ; recherche « erba cedrina » : rien.
Réponses aux critiques
Rien trouvé dans defense-docs/ (grep cedrina, verveine, cédrat).
Autre défense possible
Défense possible mais faible : on pourrait lire « erba cedrina » au sens large d'« herbe à odeur de cédrat », comme la mélisse (souvent appelée « cedronella »), connue des Anciens. Mais l'usage italien courant de « cedrina / erba cedrina » désigne Aloysia citrodora. À signaler plutôt comme anomalie (plante américaine) que comme pépite.
Remarques
Versée hors passe à partir de la vérification pépite 604.21-1. Même famille que les plantes américaines (Opuntia, agave, tubéreuse). L'eau de cédrat, elle, est plausible.