Jésus prononce le nom divin « Geové » dans le Temple
| Référence | EMV 197.5 |
|---|---|
| Type | Histoire |
| Verdict | Douteux |
| Note d'erreur | 70/100 |
| Confiance | moyenne |
Passage
« Allons avec vénération louer Geové. » (Jésus le prononce comme cela, avec le g qui devient long : un Sgiévèèè très chantant »
Lecture du texte
Au Temple (ou à ses abords), à l'heure de l'encens du soir, Jésus dit à Yabeç : 'Allons avec vénération louer Geové' (it. identique : « lodare Geové », prononcé 'Sgiéveee', dernières voyelles très ouvertes, presque a). Propos adressé à un enfant, pas une proclamation publique, mais dit par Jésus.
Faits établis
Mishna Sota 7,6 et Tamid 7,2 : au Temple les prêtres prononçaient le Nom tel qu'il est écrit, 'en province' (hors du Temple) on disait un substitut (Adonaï). Mishna Yoma 6,2 : le grand prêtre le prononçait à Kippour. Mishna Sanhédrin 10,1 (Abba Shaoul) : qui prononce le Nom selon ses lettres n'a pas part au monde à venir. Talmud Yoma 39b : les prêtres cessèrent de bénir avec le Nom après la mort de Siméon le Juste. Josèphe (Ant. II,275-276) dit qu'il ne lui est pas permis d'en parler ; Philon (Vie de Moïse II,114.206) le dit réservé au sanctuaire ; à Qumrân (1QS 6,27-7,2) prononcer le Nom est puni d'exclusion et les scribes l'écrivent en paléo-hébreu ; la Septante le rend par Kyrios. Contre-indice isolé : Mishna Berakhot 9,5 (fin) rapporte qu'on 'institua de saluer son prochain avec le Nom' (Rt 2,4), signe que l'interdit n'était pas absolu à toute époque ; mais ces textes sont rédigés vers 200 et l'usage pré-70 hors du Temple reste mal documenté. Sur la forme : les transcriptions anciennes donnent Iaô, Iaoue (Clément d'Alexandrie, Strom. V,6,34), Iabe (Théodoret, prononciation samaritaine), d'où la reconstruction savante 'Yahweh'. 'Jehovah' (it. Geova/Jehovà) combine les consonnes YHWH et les voyelles d'Adonaï posées par les massorètes pour faire lire Adonaï (qeré perpétuel) ; la forme apparaît chez Raymond Martin (Pugio fidei, 1270) et est popularisée par Galatinus (1518). Aucune source antique n'atteste une prononciation 'Jehova' ; la thèse 'Yehovah' originelle (N. Gordon et quelques autres) reste marginale. Les évangiles montrent Jésus employant des périphrases pour Dieu ('la Puissance', Mc 14,62 ; 'les cieux'). La Mishna Sanhédrin 7,5 ne condamne le blasphémateur que s'il prononce le Nom : si Jésus l'avait fait couramment, ses accusateurs tenaient un chef d'accusation évident, que les évangiles ignorent.
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
Rien sur ces passages. Seule l'énigme [503] (Les grandes fêtes juives, à propos du 'sciemanflorasc' de 503.9) rappelle que le Nom ineffable n'était prononcé que par le grand prêtre une fois l'an au Temple, ce qui va plutôt contre le passage et ne le défend pas.
Défense du wiki Maria Valtorta
Page 'Le Nom divin' : cite précisément ce passage comme témoin de la prononciation de Jésus et le rattache à la dictée des Cahiers selon laquelle Jésus 'enseigna de nouveau aux siens le vrai mot, Jéhovah'. Défense interne à l'œuvre, sans appui historique ; ne convainc pas.
Réponses aux critiques
Rien trouvé dans defense-docs (grep yahv/jéhov/jehov/geov/tétragramme/ineffable/Adonaï sans résultat pertinent).
Autre défense possible
Défense théologique : le Fils peut dire le Nom du Père. Dans l'enceinte du Temple le Nom était encore prononcé par les prêtres (Sota 7,6 ; Tamid 7,2), donc le lieu est le moins défavorable. La vocalisation décrite ('Sgiévèèè', finale presque en a) reste plus proche de Jehova que de Yahweh.
Remarques
Même problème de forme que 59.5 (Geové/Jéhovah, hybride médiéval) ; l'usage par Jésus contredit l'image évangélique de ses périphrases. Défense théologique non vérifiable.