Gamaliel cite Si 24 avec les ajouts propres à la Vulgate latine
| Référence | EMV 549.9 |
|---|---|
| Type | Langue |
| Verdict | Erreur confirmée |
| Note d'erreur | 85/100 |
| Confiance | haute |
| Énigme de J.-F. Lavère | La résurrection de Lazare |
Passage
« Celui qui m’obéit n’aura pas à en rougir, ceux qui font mes œuvres ne pécheront pas, et ceux qui me mettent en lumière possèderont la vie éternelle »
Lecture du texte
Italien de 549.9 contrôlé par l'audit 1188 : Gamaliel cite Si 24 conformément à la Vulgate, avec « chi mi illustra avrà la vita eterna » (Vg 24,31), « Dio promise a Davide di far nascere da lui il Re potentissimo » (Vg 24,34), « Penetrerò nelle parti più basse, getterò lo sguardo sui dormenti, illuminerò quelli che sperano nel Signore » (Vg 24,45), « Egli per primo l'ha perfettamente conosciuta » (Vg 24,38). Puis : « È colui che è… Messia vuol dire Re ». La traduction française est fidèle.
Faits établis
TEXTE (valtorta_it, 549.9, vérifié) : Gamaliel dit avoir « lu » (« leggevano i miei occhi queste parole ») Si 24. Il cite dans cet ordre : Vg 24,12-13 ; 24,26-31 avec « Il ricordo di me durerà nelle generazioni dei secoli » et « chi mi illustra avrà la vita eterna » ; 24,32 « il libro della Vita, il testamento dell'Altissimo, la dottrina della Verità » ; 24,34 « Dio promise a Davide di far nascere da lui il Re potentissimo » ; 24,35-37 ; 24,38 « Egli per primo l'ha perfettamente conosciuta » ; 24,41-47 avec « sgorgai dal Paradiso » et « Penetrerò nelle parti più basse, getterò lo sguardo sui dormenti, illuminerò quelli che sperano nel Signore ». Puis il dit : « per noi Messia vuol dire Re ».
TÉMOINS NON LATINS - Hébreu : aucun fragment conservé ne contient Si 24. Les manuscrits A à F de la Genizah couvrent d'autres chapitres, Masada couvre les chapitres 39 à 44, et 11QPsa le chapitre 51 (introduction de NETS). L'hébreu ne peut donc rien confirmer ni infirmer. - Grec II : dans NETS (texte de Ziegler, où les lignes du grec II sont en crochets et en italique), le chapitre 24 n'a que deux ajouts du grec II : v. 18 (« mère du bel amour… ») et v. 24 (« Ne cessez pas d'être forts dans le Seigneur… il n'y a pas de sauveur en dehors de lui »). Aucun ne correspond aux versets en cause. L'apparat de Hart sur le Codex 248 (1909), qui collationne les minuscules 70, 248, 253 et 106, la Syro-hexaplaire, la Peshitta et le latin, le confirme verset par verset.
VERSET PAR VERSET (1) Vg 24,31 « qui elucidant me vitam aeternam habebunt » : plus-verset attesté par le seul latin (apparat de Hart sur 24,22 : « + qui elucidant me vitam aeternam habebunt » L). Le grec II ne l'a pas ; 248 ajoute seulement δια παντος. La Syriaque a un tout autre texte (« all his works shall not be destroyed »). Propre à la Vetus Latina. (2) Vg 24,34 « Posuit David puero suo excitare regem ex ipso fortissimum, et in throno honoris sedentem in sempiternum » : latin seul (apparat de Hart sur 24,23 : « … posuit David … L, cf. xlvii.11 »). Au même endroit, 70 et 248 portent un autre ajout, sans rapport : « ne cessez pas d'être forts dans le Seigneur… ». Absent de la Syriaque. Propre au latin, et c'est ce verset qui porte la lecture messianique. (3) Vg 24,38 « Qui perficit primus scire ipsam » : le grec dit l'inverse, « le premier homme n'a pas achevé de la connaître » (NETS 24,28). L'apparat de Hart note « ου] qui L » : le latin a lu « qui » là où le grec dit « non ». Aucun témoin grec (70 et 248 compris), ni la Syriaque, n'a ce sens. C'est une faute de traduction ou de transmission propre au latin, et l'EMV la reproduit (« Egli per primo l'ha perfettamente conosciuta »). (4) Vg 24,45 « penetrabo omnes inferiores partes terrae et inspiciam omnes dormientes et illuminabo omnes sperantes in Domino » : latin seul (apparat de Hart sur 24,32 : « + penetrabo … L »). Hart le commente ainsi : « Wisdom = Christ and therefore descends into Hades, cf. Eph. iv ». Il ne figure ni dans le grec II, ni dans la Syro-hexaplaire, ni dans la Peshitta.
AUTRES TRAITS LATINS DANS LE MÊME DISCOURS (apparat de Hart) - « il mio spirito è più dolce del miele » : le latin traduit μνημόσυνον, « le souvenir », par « spiritus ». - « Il ricordo di me durerà nelle generazioni dei secoli » : plus latin, « et memoria mea in generatione saeculorum ». - « libro della Vita » et « dottrina della Verità » : ajouts latins, « vitae » et « agnitio veritatis » ; le grec dit « livre de l'alliance ». - « dal Paradiso » : « a paradiso », là où le grec a εἰς παράδεισον, « dans un verger ». Au total, le discours suit le latin même là où le latin traduit mal le grec.
DATATION - La Catholic Encyclopedia (Gigot) voit dans la version latine ancienne une traduction faite directement sur le grec, antérieure à Jérôme, qui l'a très peu révisée, et « pleine de lignes et de versets étrangers au grec et à l'hébreu ». - Hors web (connaissance générale, non vérifiée ici) : la Vetus Latina de Sirach n'est pas attestée avant les Pères latins des IIe et IIIe siècles (Afrique). Un pharisien de Judée au Ier siècle ne pouvait pas en citer les formes. - Le grec II (Kearns : expansion juive d'environ le Ier siècle av. J.-C. au Ier siècle apr. J.-C.) aurait pu être accessible au Ier siècle. Mais il ne contient aucun des quatre versets.
BIBLE DE MARTINI (laparola.net) - 24,31 : « Coloro che mi illustrano, avranno la vita eterna ». - 24,34 : « Dio promise a Davidde suo servo di far nascere da lui il Re fortissimo ». - 24,38 : « Egli il primo la ha conosciuta perfettamente ». - 24,45 : « Penetrerò in tutte le ime parti della terra, getterò lo sguardo su tutti i dormienti, e illuminerò tutti quelli, che sperano nel Signore ». Le texte est très proche, mais pas mot pour mot : « potentissimo » contre « fortissimo », « parti più basse » contre « ime parti ». L'EMV suit la Vulgate à travers une traduction italienne de type Martini, peut-être retouchée de mémoire.
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
Énigme 1188 (note 798) : Lavère souligne seulement que le Siracide, hors du canon juif, était cité par les rabbins ; il ne voit pas que la citation suit la Vulgate. Ne répond pas à l'objection.
Défense du wiki Maria Valtorta
Rien de spécifique trouvé par l'audit 1188 (le wiki reprend la chronologie de Lavère pour ces chapitres).
Réponses aux critiques
defense-docs : seule une remarque générale (vox-populi.txt, § 10) sur les variations entre Vulgates successives ; rien sur le Siracide ni sur 549.9.
Autre défense possible
1) Grec II / Vetus Latina. Selon Gesche (WUNT 325, 2014), la Vetus Latina témoigne du grec II : certains plus latins pourraient traduire des lignes grecques ou hébraïques perdues, et Hart pense que la ligne « penetrabo » appartient au « terrain commun du pharisaïsme et du christianisme ». Cette défense ne tient pas ici : - aucun des quatre versets n'a d'appui dans les témoins grecs, syriaques ou hébreux conservés ; - 24,38 et « spiritus » sont des accidents propres au latin (une négation lue comme un relatif, un mot mal traduit), qu'aucune source sémitique ou grecque ne peut expliquer ; - Gamaliel reproduit en bloc la forme latine, y compris ses fautes. 2) Défense générale de l'accommodation : Valtorta rendrait en italien, par sa Bible, ce que Gamaliel a lu. Elle bute sur deux points : le sens même que Gamaliel tire du texte (roi davidique, lumière apportée aux morts) repose sur les ajouts latins, et le contresens de 24,38 change le sens. Elle est possible pour un apologète, mais n'explique pas le contenu. 3) Le Siracide était bien lu et cité dans le judaïsme ancien (Lavère, énigme 1188). C'est exact, mais sans rapport avec l'objection.
Remarques
Je passe de « douteux » (60) à « erreur-confirmee » (85). Le contrôle verset par verset demandé par la vérification précédente est fait, grâce à l'apparat critique de Hart, Ecclesiasticus: the Greek Text of Codex 248 (Cambridge, 1909, texte intégral sur archive.org). Cet apparat collationne 248, 70, 253 et 106, la Syro-hexaplaire, la Peshitta et le latin. Aucun des versets Vg 24,31, 34, 38 et 45 n'y a de correspondant hors du latin. NETS (Ziegler) ne signale au ch. 24 que deux ajouts du grec II (v. 18 et 24), autres que ces versets.
Réserves : - Hart date de 1909, avant Ziegler (1965/1980) et avant Thiele/Forte (Vetus Latina 11/2). Je n'ai pas pu consulter directement Ziegler, Kearns, Gilbert ni Skehan-Di Lella ; l'article de Gesche sur academia.edu renvoie une erreur 403. Mais NETS, qui suit Ziegler, concorde avec Hart. - L'affirmation de l'ancienne fiche, « mot pour mot Martini », est à nuancer : le texte est très proche (« fortissimo » dans Martini, « potentissimo » dans l'EMV). - Défenses Lavère, wiki et critiques : je ne les ai pas refaites ici, elles avaient été vues dans la vérification précédente (Lavère 1188 ne répond pas ; rien dans le wiki).
Même famille que 213.1 : des Juifs du Ier siècle qui citent la Bible catholique latine. Lavère 1188 reste l'énigme liée. Aucun fichier modifié. (Contrôle contre le grec II fait le 24/09/2026.)