Ciel de Gadara : Vénus et Jupiter peut-être absents à cette date
| Référence | EMV 357.2 |
|---|---|
| Type | Nature |
| Verdict | Défendable |
| Note d'erreur | 35/100 |
| Confiance | moyenne |
| Énigme de J.-F. Lavère | La question sur le divorce |
Passage
« Vénus couleur de saphir et éclatante comme le diamant, le pâle rubis de Mars et le topaze de Jupiter sont les rois du peuple astral »
Lecture du texte
Italien : 357.1, « notte di marzo », ciel « non ancora allietata dalla luna, che è nella fase decrescente » ; 357.2, « le sue costellazioni di primavera e le magnifiche stelle di Orione: di Rigel e Beteigeuze, di Aldebaran, del Perseo, e Andromeda e Cassiopea e le Pleiadi [...] E Venere zaffirea e diamantata, e Marte di pallido rubino, e il topazio di Giove » ; puis ils prient tournés vers l'orient « dove si annuncia un primo lucore di luna ». Le texte dit donc : mars, lune décroissante qui se lève, Vénus, Mars et Jupiter visibles. Il précise aussi que le haut parapet cache tout sauf le ciel.
Faits établis
Calcul pour Gadara. À la date de Lavère (25-26 février 29 grégorien, soit 27-28 février julien), à 20 h 30 : Vénus et Jupiter sont sous l'horizon (astres du matin), Mars est à 5° à l'ouest, Saturne à 38° ; lune (10-16 %) levée vers 4 h 30-5 h. Deux des trois planètes manquent. Balayage de février-avril, années 25 à 36 : Vénus, Mars et Jupiter ne sont visibles ensemble, de nuit, qu'en 31 et en 33, et seulement au crépuscule. Le 13 mars 33 julien (date de Van Zandt, reprise par L. De Caro), à 18 h 30-19 h, Vénus est à 1-7° à l'ouest, Mars à 51-57°, Jupiter à 66-72° ; lune décroissante à 40 %, levée à 2 h 30. Début mars 31 : les trois planètes sont à l'ouest ; lune levée vers 22 h 45-1 h. Pour une date en 33, les trois planètes existent bien, mais Vénus, basse à l'ouest, a disparu plusieurs heures avant le lever de la lune. Les constellations citées (Orion, Taureau, Persée, Andromède, Cassiopée) sont bien visibles en soirée en mars ; les appeler « de printemps » tient simplement à la date. Calculs faits avec PyEphem 4.2.1 (dates juliennes, heure solaire locale ; contrôle : pleine lune du 3 avril 33 et vendredi 7 avril 30 retrouvés). Lavère donne ses dates dans le calendrier grégorien proleptique (son vendredi 8 juin 29 = 10 juin julien ; ses phases concordent avec ce décalage de 2 jours).
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
Énigme 1138 (note 594) : Lavère reconnaît que, pour sa date (25-26 février 29), il faut supposer que Valtorta a pris Sirius pour Vénus et Saturne pour Jupiter. Mon calcul le confirme : dans sa chronologie, c'est une erreur, même s'il la qualifie de simple « confusion personnelle ».
Défense du wiki Maria Valtorta
Page « Données historiques sur la vie publique de Jésus », section 3 : le wiki rapporte que Van Zandt (Purdue) a trouvé que la configuration Mars-Vénus-Jupiter ne se produisait que le 13 mars 33, ce qui a fondé la chronologie de L. De Caro (Passion en 34). Il cite aussi l'explication de Lavère. Mon calcul confirme que les trois planètes sont visibles ensemble au crépuscule du 13 mars 33, avec une lune décroissante qui se lève plus tard dans la nuit. Cela convainc pour l'existence d'une date compatible, sous réserve de l'écart horaire.
Réponses aux critiques
Recherche dans defense-docs/ (lune, moon, luna, polaire, Vénus, Jupiter, Gadara, zénith, astronom) : seules des mentions générales (en-refutation-dominicans-avrille.txt cite l'étude de datation astronomique de Van Zandt et l'étude « Literary Fiction or Ancient Astronomical and Meteorological Observations »), sans rien sur ce passage. Rien trouvé.
Autre défense possible
La scène peut s'étaler du crépuscule à la nuit : description du ciel au début de la soirée, lever de la lune plus tard. Le texte ne donne pas l'heure. Dans la chronologie De Caro, le passage est donc astronomiquement possible ; dans celle de Lavère, il ne l'est pas.
Remarques
Le verdict dépend de la chronologie. L'accusation (« Vénus et Jupiter absents ») ne vaut que pour la date de Lavère. Avec le 13 mars 33, la tension résiduelle tient à l'heure : Vénus se couche vers 19 h, la lune se lève vers 2 h 30, alors que le texte enchaîne les deux. Le passage pèse en faveur de la chronologie De Caro et contre celle de Lavère.