Étude astronomique de l'EMV
Étude de toutes les descriptions du ciel et du calendrier dans le texte italien de L'Evangelo come mi è stato rivelato de Maria Valtorta : sont-elles compatibles avec l'astronomie, et désignent-elles une année particulière ? Elle confronte notamment les chronologies publiées de Jean-François Lavère (voir L'Énigme Valtorta) et de De Caro au ciel calculé.
find-enigmes, branche astro (privé) ; les chemins de fichiers cités renvoient à ce dépôt. Mis en ligne le 4 octobre 2026.Pages de l'étude
- Relecture critique (phase 9) : les 135 items relus, attaqués par une équipe rouge puis arbitrés.
- Savoirs et lexique (E5) : les 135 énoncés de savoir examinés, avec leurs sources.
- Plausibilité individuelle : 389 descriptions sur 399 possibles prises isolément, et l'examen des dix échecs.
- Journal de méthode : chaque décision, les autres options et les critiques possibles.
- Plan d'étude : le protocole pré-enregistré.
- Historique des modifications : toutes les modifications des instruments et des données.
État au 27 septembre 2026. Les 44 sorties de la phase 9 ont été validées. Les corrections découvertes après calcul sont toujours distinguées des résultats gelés.
Question et méthode
L'étude demande si les descriptions du ciel dans L'Evangelo come mi è stato rivelato sont compatibles avec l'astronomie, puis si elles désignent une année particulière. Elle ne déduit pas une origine surnaturelle d'une concordance. Un énoncé peut être exact parce qu'il reprend une fête, un usage calendaire, une observation commune ou un savoir disponible au XXᵉ siècle.
Le texte italien des 652 chapitres a été relevé en items et scènes. L'encodage gelé comprend 1 538 items conservés, dont 945 datables, et 561 scènes. Une lecture préférée, une fenêtre horaire, un lieu et des contraintes observables ont été fixés avant le scan astronomique. Le moteur évalue chaque lecture sur une fenêtre W d'environ 140 ans ; le calendrier juif est reconstruit par un modèle de visibilité du croissant, avec plusieurs tolérances et règles de Nisan. La phase 7 rattache ensuite les items aux dates publiées de Lavère et de De Caro. Les comparaisons annuelles utilisent l'ensemble du ciel : les seuls énoncés de calendrier sont exclus de ce score, puisque ces chronologies ont été construites en tenant compte des fêtes et jours de semaine du texte.
Les contrôles du moteur (T0) retrouvent les 352 éclipses lunaires de la fenêtre avec le même type ; les levers et couchers sont proches d'un calcul indépendant sur 100 cas tirés au sort. Les 32 tests du moteur passent. Le seuil de comparaison des phases lunaires à la NASA a toutefois été élargi après le premier passage, car la table de référence utilise une approximation différente : cette modification figure dans le journal de méthode.
Résultats T1 à T10
| Test | Résultat | Portée et limite |
|---|---|---|
| T1 — cohérence sans date | Sur 49 descriptions accompagnées d'un contexte calendaire dans leur chapitre, le taux conditionnel moyen est 1,28 fois le taux de base. Sept items du scan initial ne peuvent pas satisfaire simultanément le ciel et ce contexte avec une marge de ± 1 jour. | Deux de ces échecs (532.5-a1, 643.7-a1) viennent d'un encodage horaire erroné. Les autres demandent la lecture des fiches de phase 9 ; la catégorie brute n'est pas un compte d'erreurs du texte. |
| T2 — contrôle saisonnier | Lavère grégorien : 21/49 concordances, contre 17,9 attendues d'après les saisons et jours lunaires énoncés ; Lavère julien : 25/49 ; De Caro : 8/15. | Le contexte textuel explique déjà une partie des concordances. Les valeurs p du modèle simple de Poisson-binomial ignorent des dépendances entre items. |
| T3 — dates publiées | Ensemble du ciel, marge ± 1 jour : Lavère grégorien 54/137 (41,5 attendues) ; Lavère julien 59/137 ; De Caro 28/51 (15,1 attendues). | Ces dates viennent de chronologies construites en lisant le même texte. Après les sept corrections d'encodage arbitrées : 56/133, 61/133 et 29/50, respectivement. Les effectifs changent parce que certains items deviennent trop fréquents pour le seuil principal. |
| T4 — spécificité annuelle | Rang du décalage zéro parmi 107 décalages lunisolaires : Lavère grégorien 64, Lavère julien 50, De Caro 2. | Après correction : 59, 49 et 2. Le rang 2 de De Caro est fragile : 53,5 en tolérance stricte, 18,5 en tolérance large et 10,5 avec l'autre lecture des nuits. Ce rang est descriptif, sans valeur p confirmatoire. |
| T5 — calendrier | Dans toutes les variantes testées, les années 20, 23, 27, 30, 33, 37 et 40 comportent un vendredi 14 ou 15 Nisan ; 26 apparaît dans certaines variantes. Aucune année ne satisfait tous les repères explicites du texte. | Le 23 avril 34 de De Caro n'est 14 ou 15 Nisan dans aucune variante du modèle employé. Une intercalation antique différente, non modélisée par notre règle, pourrait changer ce jugement. |
| T6 — planètes | Cinq items. Plusieurs descriptions sont vraies presque toujours ; l'item « Vénus visible » (357.2-a10) est faux à la date de Lavère et vrai à celle de De Caro. | Les cinq items offrent peu de force globale de datation ; le cas de Vénus mérite une fiche propre. |
| T7 — simulations de contrôle | Le test de rang T4 distingue le voyant simulé de l'auteur qui suit seulement le calendrier ; T4 est interprétable selon son seuil pré-enregistré. | Le contrôle du null N2 dépasse son seuil de faux positifs : ses valeurs p sont exploratoires, même lorsqu'elles paraissent faibles. |
| T8 — comparaison à la v1 | La v1 française donnait 148 concordances sur 226 observations évaluables. Le taux élevé de la v2 sur l'ensemble complet (× 2,2 à 2,8 selon le tableau) vient surtout des items calendaires ; sur le ciel seul, il est beaucoup plus modeste. | Les deux versions diffèrent par la langue, l'exhaustivité, les règles, les fenêtres et le moteur : une comparaison brute de pourcentages ne mesure pas un gain de preuve. |
| T9 — sensibilité | Lavère reste de rang N3 38 à 97 selon les variantes, donc non spécifique ; De Caro dépasse le rang 10 dans plusieurs variantes. Déplacer ΔT de ± 30 minutes ou les lieux dans leur incertitude change peu le résultat. | L'horizon réel des reliefs n'a pas été modélisé ; les variantes de date, de fenêtre et de tolérance comptent davantage. |
| T10 — reprise des affirmations de Lavère | Sur 204 affirmations, 159 sont évaluables et 145 gardent le même verdict entre v1 et v2 ; 14 diffèrent, dont 9 pour le jour lunaire. | Ce contrôle mesure la stabilité des calculs sur les affirmations sélectionnées par Lavère, pas l'exhaustivité du texte italien. |
Datation indépendante et trois échecs d'E3
Un second essai plaçait les chapitres sans emprunter les dates de Lavère ou de De Caro : liens temporels et repères calendaires du texte italien formaient un squelette, ensuite seulement confronté au ciel. Son contrôle prévoyait que l'année véritable soit retrouvée pour un « voyant » simulé, mais rarement pour un auteur simulé qui suivrait le calendrier. Ce contrôle a échoué trois fois : dans la première version, ce dernier retrouvait l'année dans 94,5 % des essais ; dans la deuxième, dans 96 % ; avec les liens d'années ajoutés et les repères de la Passion prioritaires, dans 100 %. Les décisions de révision ont été écrites entre les essais, après avoir vu les échecs précédents. Aucune courbe astronomique réelle E3 n'a été calculée. Cette méthode ne fournit donc pas ici une datation indépendante fiable.
La cause la plus importante est que les hypothèses d'année ne laissent pas la même liberté au squelette calendaire. Pour placer la crucifixion dans une année incompatible avec certains repères de la Passion, l'ajusteur écarte des contraintes différentes. Une courbe calculée malgré l'échec aurait mesuré en partie ces choix de placement. Il n'y a pas eu de quatrième ajustement pour faire passer les simulations.
Relecture critique et savoir (phase 9)
Les 135 fiches de relecture couvrent 8 impossibilités calculées, 3 conflits ciel/calendrier, 73 discordances et 51 concordances. L'arbitre classe les 8 impossibilités en 2 levées, 3 atténuées et 3 persistantes ; les 73 discordances en 20 levées, 40 atténuées et 13 persistantes. Parmi les 51 concordances, 40 n'ont guère de pouvoir de datation, 10 sont fragiles et une seule résiste à l'attaque (393.4-a1). Une concordance peu datante peut parfaitement être vraie au jour considéré : le jugement porte sur ce qu'elle permet d'inférer sur l'année. Les mêmes phases lunaires reviennent dans différentes années, ce qui rend circulaire une datation qui utilise d'abord la phase écrite pour placer l'épisode puis la présente comme confirmation indépendante.
Les 30 repères calendaires contradictoires tirés au sort ont été relus dans l'italien : 28 désaccords sont attribués au modèle, un au relevé et un au texte. Les 116 autres repères contradictoires n'ont pas reçu cet audit individuel. Ces chiffres ne permettent pas d'appeler « erreurs de Valtorta » les 146 rejets du solveur. Le catalogue emv/astro-it/inconsistencies.json distingue les constats calculés des verdicts de relecture.
Le volet E5 examine 135 énoncés de savoir ou de lexique, leur fidélité au texte, leur exactitude actuelle, leur disponibilité en 1943-1947 et leur plausibilité au Ier siècle. L'agrégat des relecteurs classe 69 énoncés comme ordinaires, 40 défendables, 13 faux positifs, 7 faibles et 6 douteux ; aucun comme erreur confirmée ou savoir en avance « solide » ou « intéressant ». Ces verdicts sont des jugements documentés, pas une preuve que toutes les sources possibles de 1943-1947 ont été épuisées. Les comptes et fiches individuels figurent dans emv/astro-it/phase9/summary.json. Une affirmation de kn-09 selon laquelle le texte ne nommerait aucun mois hébreu est fausse : les chapitres italiens 87 et 181 en donnent des exemples. Ce verdict particulier ne doit pas être interprété sur cette prémisse.
La phase 9 a mis en évidence sept erreurs d'encodage touchant la lecture préférée, deux défauts du moteur (body_side dirigé vers le Soleil ; cu_sun_zodiac_sign ignorant state) et deux lectures non évaluées. Les défauts du moteur et ces lectures portent sur des lectures non préférées ; ils sont consignés sans modification du moteur gelé. Les sept erreurs ont été recalculées dans une copie temporaire du scan : le tableau emv/astro-it/phase9/decision4_t3t4.json donne avant/après, item et chronologie. Ces corrections sont a posteriori et ne remplacent pas les données archivées. Les 58 défenses complétées dans rt-01 et rt-02 ont utilisé les fiches de relecture ; elles apportent des contre-arguments, mais ne sont pas une deuxième lecture aveugle indépendante.
Plausibilité individuelle sans dates publiées
Ce décompte complémentaire a été demandé après la phase 9. Il porte sur les lectures préférées des catégories lune, soleil, étoiles et planètes : 436 items scannés, dont 37 partiellement évalués écartés. Il ne retient que le lieu, la fenêtre horaire et les contraintes de chaque item, sans les dates de Lavère ni de De Caro. Sur 399 lectures entièrement évaluées, 388 ont au moins un jour compatible dans le scan nominal n15 gelé, et 389 (97,49 %) après les corrections de phase 9.
Les dix échecs restants ne sont pas dix erreurs du texte. Cinq viennent du modèle : un « ciel rempli d'étoiles » ne peut pas être satisfait dans la fenêtre du crépuscule (25.7-a2, 175.5-a1, 274.1-a1) ; « toute la nuit » est testé dès le coucher du soleil (617.1-a1) ; une lune croissante éclairée à 99 % dépasse le plafond des codes de phase (320.7-a1). Deux dépendent de la portée de « a oriente » (222.1-a5, 105.1-a1). Trois sont impossibles au sens littéral : un soleil qui se lève derrière les monts occidentaux (460.2-a1), un premier quartier qui se lève le soir (102.6-a1) et un mince croissant « au zénith » en pleine nuit (630.20-a1), ces deux derniers pouvant relever de l'hyperbole ou du lapsus. Si l'on tient les défauts du modèle pour levés, on obtient 394/399 ; en acceptant aussi les lectures alternatives, 396/399. Ces deux chiffres sont a posteriori : seules les erreurs ont été relues, et les fenêtres larges du modèle peuvent aussi faire passer des descriptions approximatives.
Ce constat dit que presque chaque description, prise isolément, correspond à un ciel possible au lieu et à l'heure indiqués. Il ne vérifie pas que toutes les descriptions d'une même scène, ou d'une suite de scènes, tiennent ensemble à une même date. Il ne mesure ni la rareté de ces ciels, ni un savoir exceptionnel : parmi les 389 descriptions possibles, le taux de base médian est de 0,63, 323 sont vraies au moins un jour sur trois et seulement 4 moins d'un jour sur vingt.
Interprétation et confiance
Le texte contient des descriptions du ciel souvent compatibles avec son propre calendrier, ainsi que des discordances et des passages dont l'interprétation change quand on corrige une fenêtre ou une contrainte. Le fort taux de concordance obtenu en mêlant calendrier et ciel est largement explicable par les fêtes et jours de semaine énoncés. Les descriptions du ciel seules ne désignent pas solidement l'année de Lavère ; la piste De Caro est intéressante mais sensible aux hypothèses et repose sur moins d'items. Le volet E3 n'a pas passé ses contrôles. Ces résultats ne tranchent ni la date « voulue » par le texte ni l'origine humaine ou surnaturelle de l'œuvre.
Confiance dans ces conclusions limitées : 13/20. Les atouts sont l'encodage gelé, les simulations arrêtant un test défaillant, la validation externe du moteur et la publication des contradictions et des corrections. La note baisse à cause du calendrier antique reconstruit, des dates publiées dérivées du texte, des jugements de lecture faits principalement par des modèles proches, des défenses non indépendantes, des choix corrigés après les premiers résultats et de l'absence de modèle de relief. Ce nombre exprime un jugement méthodologique argumenté, pas une probabilité que l'origine du texte soit d'un type donné.