Seigle cultivé « surtout » dans les monts de Judée
| Référence | EMV 78.1 |
|---|---|
| Type | Nature |
| Verdict | Douteux |
| Note d'erreur | 60/100 |
| Confiance | moyenne |
Passage
« des cultures diverses de céréales : orge, seigle surtout, et aussi de beaux vignobles »
Lecture du texte
Italien : « Colture diverse a campi non vasti ma ben tenuti di cereali: orzo, segale per lo più, e anche bei vigneti ». La narratrice décrit ce qu'elle voit aux abords de Kérioth ; « segale » est bien le seigle (Secale cereale). La traduction est fidèle.
Faits établis
Le seigle cultivé est une céréale secondaire d'Anatolie, de Transcaucasie et d'Europe ; aucun reste archéobotanique ne l'atteste comme culture en Palestine antique, où dominent blé et orge (Zohary et Hopf). L'identification du shifon de la Mishna (Hallah 1,1) au seigle vient de Rashi (XIe s., glose « seigle ») ; les botanistes modernes (Feliks, entre autres) y voient une espèce de blé (engrain ou épeautre/amidonnier), précisément parce que le seigle ne poussait pas en terre d'Israël. Kérioth (Khirbet el-Qaryatein, à ~19 km au sud d'Hébron, en bordure du désert) est une zone semi-aride où l'orge prime, comme le dit aussi le texte.
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
Énigme 470 (« Réflexions sur le riz, l'avoine et le seigle ») : Lavère affirme que la Mishna prouve que le seigle (schiphon) était connu et cultivé en Judée vers le Ier siècle, en citant Volney (1787). Ne convainc qu'à moitié : l'équivalence shifon = seigle est une tradition médiévale contestée par la botanique moderne ; Volney décrit la Syrie du XVIIIe siècle.
Défense du wiki Maria Valtorta
Page « Kériot, Kérioth » (pageid 2639) : cite le passage sans commentaire. Rien sur le seigle.
Réponses aux critiques
Rien trouvé : aucune mention de cette plante dans defense-docs/ (Debroise, Thils, Maillard, réponses aux dominicains, à Wikipédia, etc.).
Autre défense possible
Des seigles sauvages (Secale montanum/strictum, S. sylvestre) existent dans la région, et un seigle adventice pouvait se mêler aux cultures d'altitude ; mais « segale per lo più » décrit une culture dominante.
Remarques
Tout dépend de l'identification du shifon : si c'était le seigle, la défense tient. Le consensus botanique actuel penche contre, d'où un score au-dessus de 50.