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L'adieu à Antioche

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Article de L'Énigme Valtorta (Jean-François Lavère), partie « Troisième année de vie publique ».

Le soleil est déjà bas sur l'horizon, en cette fin de sabbat. C'est bientôt l'heure de la douloureuse séparation. L'intendant Philippe demande aux apôtres de parler à tout le monde. Pendant toute la semaine, Pierre a pu constater que même à Antioche, certains rabbis parlent avec mépris du Maître. Il déclare donc : « Mais être savants ne signifie pas être saints ni posséder la Vérité. La Vérité, la voilà : Jésus de Nazareth est le Messie promis, le Sauveur de qui parlent les Prophètes »324.1. Il appuie sa profession de foi par le témoignage de Jean Baptiste, « et ici sont présents ceux qui ont entendu ces paroles : "Voici l'Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde" »324.1. Pierre donne ensuite la parole à Simon le zélote qui commente le chapitre 52 d'Isaïe. Jacques lui succède, frère du Seigneur selon la chair, mais qui explique aussitôt « la paternité de Joseph, le frère de mon père, ne fut qu'une paternité spirituelle et, en vérité, je vous dis que le vrai Père de Jésus, notre Maître, c'est le Très-Haut que nous adorons »324.3. Chaque apôtre témoigne ainsi à tour de rôle de sa foi profonde en Jésus, le Messie d'Israël. André, lui, se souvient de sa première rencontre avec Jésus, au gué du Jourdain. « C'était un jour de cette lune[1]… » précise-t-il. En tendant l'oreille, il a entendu quelques bribes de la conversation de Jésus et du Baptiste : « "C'est moi qui devrais être baptisé par Toi…" ; "Laisse faire maintenant, il convient d'accomplir toute justice"[2]… »324.4. Matthieu, lui, se remémore l'inconnu qui vint à Capharnaüm « il y a deux printemps »324.5 et qui « parlait familièrement sur la charité qui est comme une indulgence pour nos péchés »324.5. Ce souvenir de Matthieu évoque irrésistiblement un agraphon du Seigneur rapportée par Clément d'Alexandrie[3] : « L'amour couvre une multitude de pêchés ». Jacques de Zébédée, présent lui aussi aux côtés d'André et de son frère Jean, lors du baptême de Jésus, témoigne qu'il attendit « des dizaines de jours » le retour du Seigneur, après sa première manifestation[4]. Jude à son tour proclame sa foi : « Lui est le Saint. Je peux le dire, moi qui, avec Jacques, ai grandi avec Lui. Et je le dis et le dirai, tout disposé à donner ma vie pour le reconnaître, pour que les hommes croient en Lui et aient la Vie éternelle »324.7. Et Jean conclut cette magnifique profession de foi des apôtres : « Qu'est-ce que le Sauveur ? C'est la Lumière fondue avec l'Amour. La bouche de mes frères a magnifié les louanges du Seigneur, évoqué ses œuvres, indiqué les vertus à pratiquer pour arriver à son chemin. Moi, je vous dis : aimez »324.8. L'heure du départ est venue. C'est le cœur déchiré que les apôtres se résignent à faire leurs adieux aux deux disciples exilés.

Tandis que leur char s'éloigne, dans un dernier gémissement, Synthyché leur crie : « Adieu ! Adieu ! Oh ! nous ne les reverrons plus ! Adieu, frères ! Adieu… »324.11.

Notes

  1. ↑ Nous venons de voir par de multiples indices que cette séquence se déroule juste avant fin de Tévet... le samedi 30/12 (25 Tévet). Or le baptême et la tentation au désert eurent effectivement lieu à la fin de la lune de Tévet, deux ans avant... comme en témoigne Jésus en MV 80.5. La cohérence est absolument parfaite !
  2. ↑ Ce témoignage d'André est conforme au récit de l'évangile de Jean 1,26-34 et vient en complément du récit de MV 47.2.
  3. ↑ Clément d'Alexandrie, L'Instructeur 3, 12.
  4. ↑ André, Jacques et Jean sont restés auprès du Baptiste durant les 40 jours du jeûne de Jésus au désert. Jean-Baptiste ayant été fait prisonnier, ils allaient retourner désemparés en Galilée, lorsque Jésus revint vers eux.