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L'an quinze de Tibère

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Article de L'Énigme Valtorta (Jean-François Lavère), partie « Première année de vie publique ».

J'ai déjà évoqué cette question de la datation de l'an 15 du gouvernement de Tibère[1], qui trouble les chercheurs depuis tant de siècles, car elle paraît à première vue difficilement compatible avec la naissance de Jésus vers -6/-4, et sa Passion en avril 30. La chronologie, telle qu'elle résulte du récit de Maria Valtorta, fixe sans la moindre ambiguïté le début du ministère public de Jésus juste après son trentième anniversaire, au tout début de l'an 27. Qui doit-on croire : saint Luc(Lc 3,1), ou Maria Valtorta ? Mais n'est-il pas possible, finalement, qu'ils aient raison tous les deux, malgré des apparences trompeuses ?

C'est semble-t-il le chronologiste Joannes Georgius Hervatius qui le premier, vers 1530, émit l'hypothèse que Luc aurait fort bien pu compter les années de Tibère à partir du jour où Auguste l'associa à l'empire, soit en l'an 11/12 de notre ère[2]. L'an 15 de Tibère correspondrait dans ce cas à notre an 26/27. Tibère ne fut pas le seul, à cette époque, à avoir pris effectivement le pouvoir quelque temps avant son investiture officielle. L'histoire montre que ce fut aussi le cas d'Auguste, d'Hérode, (et peut-être même des fils de ce dernier). Il est donc possible que lorsque Luc écrivit son évangile, il se référa à la quinzième année de pouvoir effectif de Tibère, correspondant à l'an 26[3]. Et Jean Baptiste aurait débuté son ministère lui aussi à l'occasion de ses trente ans, tout comme son cousin Jésus, mais en le devançant de six mois.

Notes

  1. ↑ L'Enigme Valtorta tome 1, 2012, pages 302/303. Mathématiquement sa quinzième année va du 15 septembre 28 au 15 septembre 29, et s'accorde mal avec la Passion en avril 30.
  2. ↑ Cette hypothèse fut reprise par plusieurs savants (Herwaert, Nova et vera Chronologia, 1612 c. 248 ; P. Pagi, Critic. in Baron. 1697 ; N. Lardner, Credibility of the Gospel History, 1727 p. 372 et suiv. ; Pezron ; P. Patrizzi (De Evang. III, Diss. 89, n. 4); Sepp, La vie de N. S. J. C., 1ère partie, c. 14 ; etc.) sans toutefois réussir à faire l'unanimité.
  3. ↑ Plusieurs manuscrits des Actes de Pilate (apocryphe déjà connu au 2e siècle) indiquent très clairement la correspondance entre l'an 18 de Tibère et l'année du consulat des deux Geminus, donc l'an 29. Pour ces manuscrits du moins, l'an 15 de Tibère était donc bel et bien l'an 26 (à moins d'invoquer une erreur de copiste).