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L'étoile de Bethléem

De Wiki Valtorta
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Article de L'Énigme Valtorta (Jean-François Lavère), partie « Le Protévangile ».

« Ne vous rappelez-vous pas Balaam ? Une Étoile naîtra de Jacob »41.4 déclare Jésus enfant aux docteurs du Temple, citant les Nombres(Nb 24,17). Depuis l'origine du christianisme d'innombrables chercheurs ont tenté de résoudre l'énigme posée par le texte de saint Matthieu (Mt 2,2). En effet la détermination de ce phénomène astronomique est étroitement liée à la recherche de la datation précise de la naissance du Christ. De nombreuses théories ont été avancées (apparition d'une super nova, passage d'une comète, conjonctions de planètes, etc.), mais aucune à ce jour ne semble absolument déterminante.

Le texte de Maria Valtorta fournit ça et là toutes sortes de détails sur ce(s) phénomène(s) céleste(s), permettant de s'en faire une idée assez précise. Le plus âgé des trois mages résume ainsi leur découverte : « Ils ont vu, une nuit du mois de décembre précédent, une nouvelle étoile qui s'est allumée dans le ciel avec une inhabituelle splendeur... Jamais les cartes célestes n'avaient porté cet astre ou ne l'avaient signalé. Son nom était inconnu. Elle n'avait pas de nom. (…) Eux l'avaient vue et s'étaient efforcés de comprendre sa voix (…), ils s'étaient plongés dans l'étude du Zodiaque. Et les conjonctions des astres, le temps, la saison, les calculs des anciens temps et des combinaisons astronomiques leur avaient dit le nom et le secret de l'étoile. Son nom : Messie. Son secret : Être le Messie venu au monde (…) Une étoile de grandeur inhabituelle, comme une petite lune (…) Du globe qui semble un énorme et clair saphir éclairé de l'intérieur par un soleil, part un sillage lumineux (…) sa queue vibre et se balance (…) ils étaient venus vers la Palestine car l'étoile allait dans cette direction (…) Ils étaient allés à Jérusalem (…) Mais l'étoile s'était cachée sur le ciel de cette ville (…) vers Bethléem et l'étoile était réapparue à leurs yeux »34.3/7.

Pour ce qui concerne les conjonctions des astres mentionnées ici, il faut noter qu'un rapprochement planétaire assez rare eut lieu à trois reprises entre mai et décembre -7, entre Jupiter et Saturne. Le pape Benoît XVI rapporte d'ailleurs ce phénomène dans son livre L'enfance de Jésus. Or Virgile, dans la IVe Eglogue des Bucoliques, prédit le renouvellement du monde et le retour de la Vierge, le règne de Saturne accompagnant alors la venue du nouvel enfant des dieux. « Jam redit et Virgo, redeunt Saturnia regna, Jam nova progenies caelo demittitur alto[1] ». Le rapprochement entre Saturne et Jupiter fut donc certainement considéré comme un signe très important pour les astronomes/astrologues de ce temps qui n'ignoraient pas certains oracles, ni la prophétie de Daniel[2]. Ailleurs dans l'œuvre, c'est en tout cas ce que suggère la disciple romaine Lidia, parlant d'un astrologue grec nommé Diomède : « Lui soutenait que cela arrivait parce que les temps étaient plus proches et que les astres parlaient par leurs conjonctions »426.6 Et dans le dialogue qui s'en suit, Jésus fait justement l'éloge de Virgile : « Son esprit enflammé de pureté et de génie s'est élevé jusqu'à la connaissance d'une page qui me concerne »426.6.

« Une étoile de grandeur inhabituelle » pourrait évoquer une supernova, caractérisée par une très grande brillance et une durée de vie assez courte. L'hypothèse de la survenue de ce phénomène rare fut d'ailleurs plusieurs fois envisagée par les chercheurs depuis Kepler. Mais la suite du texte de Maria Valtorta mentionne un « sillage lumineux », ce qui correspondrait mieux à une comète. Or le professeur Ho Peng-Yoke[3] publia en 1962 un catalogue montrant que les astronomes chinois, entre le 9 mars et le 6 avril -5 (julien), ont observé l'apparition d'une comète à queue, qui resta visible pendant 70 jours dans la constellation du Capricorne, c'est-à-dire visible le matin vers l'Est dans le ciel de Mésopotamie. C'est exactement à cette période que la chronologie, dans l'œuvre de Maria Valtorta, situe l'Annonciation et la Visitation ! « Nous avons vu son étoile au Levant » (Mt 2,2) dirent justement les mages à Hérode... Une autre comète (sans queue cette fois) fut à nouveau observée en mars -4. Ces deux phénomènes nous interpellent. D'autant que dans les premiers siècles déjà, Origène écrivait : « Je crois que l'étoile qui parut en Orient était d'une nouvelle espèce (...) qu'elle était à peu près de même nature que les comètes[4] ». Il se réfère même au Traité des comètes, composé par le stoïcien Chérémon pour étayer son opinion.

Ailleurs, Jésus rappelle à un bethléémite les prophéties annonçant l'étoile : « Sur quoi les mages basaient-ils leur affirmation ? ...Sur leurs calculs au sujet d'une nouvelle étoile. (…) Et n'est-il pas dit : Une étoile naîtra de Jacob et un sceptre s'élèvera d'Israël ? (…) Et l'étoile, vue par les mages ne pourrait-elle pas être l'étoile de Jacob, la grande lumière des deux prophéties de Balaam et d'Isaïe ? »73.6. C'est exactement l'opinion exprimée par saint Jérôme quand il affirme que les mages apprirent de la prophétie de Balaam que le fils de Dieu était né[5]. Et Jésus salue leur foi : « Ces Sages d'orient n'avaient rien qui les assurât de la vérité. Rien de surnaturel. Seulement leurs calculs astronomiques et leur travail de réflexion qu'une vie intègre rendait parfaite. Et pourtant, ils ont eu la foi. Foi en tout : foi dans la science, foi dans leur conscience, foi dans la bonté divine. Par la science ils ont cru au signe de l'étoile nouvelle qui ne pouvait être que "celle" attendue depuis des siècles par l'humanité : le Messie… »34.11.

Une conjonction de planètes, deux comètes, et peut-être même l'apparition d'une nova : pourquoi plusieurs phénomènes astronomiques distincts n'auraient-ils pas pu, finalement, saluer la venue sur terre du Messie ? Il apparaît que cette période fut assez riche en signes dans le ciel. Mais pour ne pas alourdir plus qu'il ne convient ce chapitre, les phénomènes astronomiques répertoriés durant cette période sont regroupés dans l'Annexe 2, en fin de cet ouvrage, pour les lecteurs que ce sujet intéresserait plus spécialement.

Notes

  1. ↑ De nombreuses traductions furent proposées. Voici celle de Paul Valéry : « La Vierge nous revient, et les lois de Saturne. Et le ciel nous envoie une race nouvelle. Bénis, chaste Lucine, un enfant près de naître Qui doit l'âge de fer changer en âge d'or ».
  2. ↑ . Voir les notes du paragraphe La prophétie des soixante dix semaines.
  3. ↑ N° 63 du catalogue Ho Peng Yoke, Ancient and mediaeval observations of comets and novae in Chinese sources Vistas in Astronomy, Volume 5, 1962. (« Second year of the Chien-p'ing reign period, second month (5 BC, March 9-April 6), a suibsing appeared at Ch'ien-niu for over 70 days »).
  4. ↑ Origène Contre Celsus Livre 1.
  5. ↑ Saint Jérôme, Commentaire sur Isaïe chap. 19 : « Magi de Oriente docti a demonibus, vel juxta prophetiam Balaam intelligentes natum filium Dei, qui omnem artis eorum destrueret potestatem, venerunt Bethlehem... ».

Analyse critique

Analyse rédigée par Claude (intelligence artificielle d'Anthropic) le 4 octobre 2026, à titre d'essai. Elle cherche à distinguer ce qui est solide, discutable ou erroné dans l'argumentation ; elle ne se prononce pas sur l'origine surnaturelle de l'œuvre.
Grille d'évaluation
Critère Niveau Justification
Exactitude des faits 🟢 Solide Les données astronomiques (triple conjonction de 7 av. J.-C., comète chinoise de 5 av. J.-C.) et patristiques (Origène, Jérôme) sont exactes ; seules quelques coquilles et approximations mineures.
Caractère inexplicable
introuvable avant 1943-1947 ?
🔴 Fragile Edersheim (1883) réunissait déjà la triple conjonction, Kepler, la comète chinoise et une Nativité en décembre 5 av. J.-C. ; les annales chinoises étaient traduites depuis le XIXe siècle.
Rigueur de l'argument 🔴 Fragile La thèse superpose trois phénomènes étalés sur quatre ans, déplace vers l'Annonciation une étoile que le texte situe en décembre, et dépend d'une date minoritaire pour la mort d'Hérode.

Ce que soutient l'article

Chez Valtorta, l'étoile des mages est un astre nouveau apparu « une nuit du mois de décembre », pourvu d'un « sillage lumineux ». L'article la rapproche de la triple conjonction Jupiter-Saturne de 7 av. J.-C., d'une comète chinoise du printemps de 5 av. J.-C. (qui coïnciderait avec l'Annonciation dans la chronologie tirée de l'œuvre) et d'un objet de 4 av. J.-C. Il invoque Origène et Jérôme, et conclut que plusieurs signes ont pu se succéder.

Points solides

  • La triple conjonction de Jupiter et de Saturne a bien eu lieu en 7 av. J.-C. (mai, octobre et décembre)[analyse 1] ; Benoît XVI évoque bien l'hypothèse de Kepler[analyse 2].
  • La note sur Ho Peng Yoke est fidèle (n° 63 : 9 mars-6 avril 5 av. J.-C., « sui-hsing », étoile à queue, apparue à Ch'ien-niu, région du Capricorne, plus de 70 jours) ; cette région se lève alors à l'est avant l'aube[analyse 1].
  • Origène (I, 58-59, avec Chérémon)[analyse 3] et Jérôme (sur Is 19,1) sont cités exactement[analyse 4].

Points discutables ou fragiles

  • Le décalage des dates. L'étoile de Valtorta apparaît en décembre (34.7, « passato dicembre » en italien) ; la comète, en mars-avril. L'article déplace la coïncidence vers l'Annonciation, que le texte ne relie pas à l'étoile. Humphreys tire de la même comète une naissance au printemps.[analyse 1]
  • Une hypothèse impossible à réfuter. Trois phénomènes étalés sur quatre ans s'accordent à presque tout récit ; aucun ne ressemble à l'astre décrit (« comme une petite lune »), et une conjonction n'est pas un astre unique et nouveau[analyse 1].
  • Virgile. La IVe Bucolique (40 av. J.-C.) chante l'âge d'or du dieu Saturne, non une conjonction[analyse 5] : le « donc certainement » est une extrapolation.
  • La date de la mort d'Hérode. La chronologie de l'auteur, mages à l'automne de 4 av. J.-C. (voir Naissance de Jésus et mort d'Hérode), exige une mort d'Hérode en 1 av. J.-C., thèse minoritaire ; la plupart des historiens retiennent l'éclipse de mars 4 av. J.-C.[analyse 6] (partielle, 13 mars ; l'éclipse totale du 10 janvier 1 av. J.-C. existe aussi)[analyse 7].
  • Une question encore ouverte. D'autres solutions existent, dont celle de Molnar (occultation de Jupiter, 17 avril 6 av. J.-C.)[analyse 8] ; l'objet de 5 av. J.-C. a aussi été lu comme une nova[analyse 1].
  • Ce qui était connu avant 1943. Edersheim (1883) réunit déjà la triple conjonction (mai, octobre, décembre), Kepler, l'astre chinois tenu pour une comète par Pingré, et date la Nativité de décembre 5 av. J.-C., comme l'auteur[analyse 9]. Ricciotti (1941) cite Kepler[analyse 10]. Foucquet (1729) liait déjà l'objet de 5 av. J.-C. à l'étoile ; Biot (1843) et Williams (1871) traduisaient les annales chinoises[analyse 1][analyse 6]. Le lien mages-Balaam est chez Origène (I, 60)[analyse 3], l'étoile-comète chez Giotto (vers 1303)[analyse 1], et Emmerich parlait d'un « globe lumineux » qui « n'était pas une comète »[analyse 11].

Erreurs ou inexactitudes

  • « Suibsing » est une coquille pour sui-hsing. Le 9 mars-6 avril est le mois lunaire de l'apparition, et la comète n'est pas restée 70 jours dans le Capricorne : elle s'est déplacée[analyse 1].
  • L'objet de 4 av. J.-C. (Ho n° 64, sans queue) date d'avril, non de mars, et pourrait être une nova[analyse 1][analyse 6].

Bilan

Les faits astronomiques et patristiques cités sont pour l'essentiel exacts, et l'article reste prudent (« aucune [théorie] ne semble absolument déterminante »). Son meilleur argument, la coïncidence entre la comète de 5 av. J.-C. et la chronologie valtortienne, repose pourtant sur un glissement de décembre vers l'Annonciation et sur une date minoritaire pour la mort d'Hérode. Tout le dossier figurait déjà dans des ouvrages courants comme celui d'Edersheim. Quant à l'étoile décrite, « comme une petite lune », elle ne correspond à aucun phénomène proposé. Le texte reste compatible avec plusieurs hypothèses sans en confirmer aucune : on ne peut pas y voir une connaissance astronomique inexplicable.

Sources de l'analyse

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 1,6 1,7 et 1,8 Colin J. Humphreys, « The Star of Bethlehem – a Comet in 5 BC – and the Date of the Birth of Christ », Quarterly Journal of the Royal Astronomical Society, vol. 32, 1991, p. 389-407 (ici p. 391, 395-401). Lien
  2. ↑ Extraits de Benoît XVI, L'Enfance de Jésus (2012), cités par J. Zuhlsdorf, « Christ is born, astrology dies », 2012. Lien
  3. ↑ 3,0 et 3,1 Origène, Contra Celsum, livre I, chap. 58-60, trad. F. Crombie, Ante-Nicene Fathers, vol. 4, 1885 (New Advent). Lien
  4. ↑ Jérôme, Commentarii in Isaiam, livre VII, sur Is 19,1 (texte latin de la Patrologie latine, vol. 24). Lien
  5. ↑ « Eclogue 4 », Wikipedia (en anglais), consulté le 4 octobre 2026. Lien
  6. ↑ 6,0 6,1 et 6,2 R. H. van Gent (université d'Utrecht), Star of Bethlehem Bibliography, pages « Dating the Death of Herod » et « Ancient Comets, Novae and Supernovae ». Lien 1 Lien 2
  7. ↑ F. Espenak, J. Meeus, Five Millennium Catalog of Lunar Eclipses, NASA/GSFC, section -0099 à 0000 (n° 04813 et 04821). Lien
  8. ↑ B. E. Schaefer, « Astronomical and Historical Evaluation of Molnar's Solution for the Star of Bethlehem », dans P. Barthel, G. van Kooten (dir.), The Star of Bethlehem and the Magi, Brill, 2015 ; arXiv:1612.07642. Lien
  9. ↑ A. Edersheim, The Life and Times of Jesus the Messiah, Londres, 1883, livre II, chap. VIII (CCEL). Lien
  10. ↑ G. Ricciotti, Vita di Gesù Cristo, Milan, Rizzoli, 1941, § 174 (texte consulté dans une réédition ; non vérifié sur l'édition de 1941).
  11. ↑ A.-C. Emmerich, Visions sur la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, éd. J.-A. Duley, trad. Ch. d'Ebeling, Paris, Téqui, 5e éd., 1922, t. I, p. 114. Lien