Les déplacements sur l'eau.
Article de L'Énigme Valtorta (Jean-François Lavère), partie « Et Jésus parcourait les villes et les villages ».
Paradoxalement, il est presque encore plus facile de se faire une idée précise des distances moyennes parcourues sur l'eau dans l'Antiquité, car les données ne sont pas rares. Il semble admis[1] que dans d'excellentes conditions, un navire à voiles pouvait parcourir au maximum 2000 stades par 24 h, soit 360 km. Mais c'était déjà bien naviguer que de parcourir 1000 à 1300 stades par jour, soit environ 225 km. Hérodote précise : Un navire parcourt 700 stades par jour, et 600 par nuit soit 1300 par 24 heures[2]. Tandis qu'Aristides penche plutôt pour 1000 à 1200 stades[3]. Quant à la navigation en barque sur le lac, elle ne devait guère dépasser 4 à 5 km/h à la rame, et 7 à 9 km/h avec l'aide d'une voile. Ces valeurs sont largement assez précises pour les vérifications à entreprendre sur le texte de Maria Valtorta.
Notes
Analyse critique
| Critère | Niveau | Justification |
|---|---|---|
| Exactitude des faits | 🟠 Mitigé | Les vitesses maritimes sont plausibles par vent favorable, mais la référence à Hérodote est erronée et les valeurs lacustres ne sont pas documentées. |
| Caractère inexplicable introuvable avant 1943-1947 ? |
🔴 Fragile | Ce barème provient explicitement de sources antiques disponibles avant Valtorta et ne démontre aucune information humainement inaccessible. |
| Rigueur de l'argument | 🟠 Mitigé | La démarche comparative est utile, mais sa précision dépend du vent, des escales et des embarcations que le barème général ne spécifie pas. |
Ce que soutient l'article
L’article propose des vitesses de référence pour vérifier les déplacements nautiques racontés par Maria Valtorta : environ 225 km par journée de navigation maritime, davantage dans d’excellentes conditions, et des vitesses distinctes pour les barques à rame ou à voile. Il présente une méthode préparatoire ; aucun trajet de l’EMV n’est encore confronté à ces valeurs.
Points solides
- Le recours aux témoignages antiques est pertinent. Hérodote donne effectivement des distances parcourues pendant le jour et la nuit qui correspondent aux 700 et 600 stades retenus. Il s’agit d’une donnée ancienne réelle, même si la référence de chapitre demande correction.[analyse 1]
- L’ordre de grandeur maritime est raisonnable pour de bonnes conditions : 225 km en 24 heures correspondent à environ 5,1 nœuds. L’étude de Lionel Casson situe précisément entre 4 et 6 nœuds la moyenne des parcours en mer ouverte avec vent favorable. L’article ne prête donc pas aux navires antiques une lenteur ou une rapidité manifestement invraisemblables.[analyse 2]
Points discutables ou fragiles
- Ces vitesses ne deviennent pas automatiquement des critères précis pour chaque voyage. Casson distingue les parcours côtiers, plus lents, les vents contraires, et les escales nocturnes. Une durée totale exige donc de préciser trajet, vent et interruptions. L’article reconnaît les bonnes conditions, mais sa conclusion sur la précision suffisante des valeurs reste trop générale.[analyse 2]
- Le plafond de 2 000 stades est attribué collectivement à plusieurs auteurs, sans passage identifiable. La conversion en 360 km suppose un stade de 180 mètres ; avec la même convention, 1 000–1 300 stades représentent 180–234 km. « Environ 225 km » constitue ainsi un repère proche du haut de cette fourchette, non sa traduction complète. Ces calculs ne réfutent pas une performance exceptionnelle, mais invitent à conserver les intervalles.[analyse 3]
- Aucune source spécifique n’étaye ici les 4–5 km/h à la rame et 7–9 km/h à la voile sur le lac. Faute de caractéristiques de l’embarcation et de conditions d’essai, ces chiffres restent des hypothèses de travail, sans être pour autant démontrés faux.[analyse 3]
- Le résumé d’Aristide mérite vérification : Pascal Arnaud rapporte, sous la numérotation 36.111, plus de 1 200 stades avec un fort vent arrière. Cela ne correspond pas exactement à la fourchette 1 000–1 200 attribuée ici à l’orateur. La page 360 de l’édition Jebb n’a cependant pas été contrôlée directement ; les différences de numérotation ne suffisent pas à condamner la référence.[analyse 4]
Erreurs ou inexactitudes
- Le passage d’Hérodote est IV, 86, et non IV, 83. La paraphrase omet également qu’il parle d’une longue journée de navigation.[analyse 1]
Bilan
La base maritime fournit un contrôle de plausibilité utile, à condition de conserver des marges et de documenter chaque traversée. Elle ne suffit pas encore à établir une exactitude remarquable de l’EMV. Les données invoquées viennent explicitement de textes antiques publiés bien avant Valtorta : leur emploi ne constitue pas, à lui seul, un argument d’inaccessibilité humaine. Cela n’établit aucun emprunt personnel de sa part.
Sources de l'analyse
- ↑ 1,0 et 1,1 Hérodote, Histoires, IV, 86, traduction A. D. Godley, Loeb Classical Library, 1921. Texte, avec accès au grec.
- ↑ 2,0 et 2,1 Lionel Casson, « Speed under Sail of Ancient Ships », Transactions and Proceedings of the American Philological Association, 82, 1951, p. 136–148, particulièrement p. 142–144. Étude intégrale. Calcul : 225 ÷ 24 ÷ 1,852 = 5,06 nœuds.
- ↑ 3,0 et 3,1 Article analysé, « Les déplacements sur l’eau. », paragraphe unique et notes 151–153. Calculs : 360 000 ÷ 2 000 = 180 mètres ; 1 000 × 0,180 = 180 km ; 1 300 × 0,180 = 234 km.
- ↑ Pascal Arnaud, Les routes de la navigation antique, Errance, 2005, p. 79. Ouvrage intégral.