« Proconsul » pour le gouverneur romain de Judée
| Référence | EMV 254.5 |
|---|---|
| Type | Histoire |
| Verdict | Douteux |
| Note d'erreur | 50/100 |
| Confiance | moyenne |
Passage
« Je suis Syntica, l’esclave grecque d’un noble romain de la suite du Proconsul. »
Lecture du texte
Italien : « Sono Sintica, la schiava greca di un nobile romano al seguito del Proconsole. » C'est l'esclave grecque Syntica qui parle ; son maître Valérien fait partie de l'entourage de Pilate.
Faits établis
La Judée (6-41) est une province impériale confiée à un gouverneur équestre : l'inscription de Césarée (1961) donne à Pilate le titre de praefectus Iudaeae ; Tacite (Ann. 15.44) dit procurator, Josèphe hēgemōn/epitropos, Philon epitropos. Le titre de proconsul (anthypatos) désigne les gouverneurs sénatoriaux des provinces publiques (Asie, Achaïe, Chypre…) ; Luc lui-même l'emploie correctement pour Sergius Paulus (Ac 13,7) et Gallion (Ac 18,12), ce qui montre que la distinction était perçue au Ier siècle. Le supérieur de Pilate, le gouverneur de Syrie, était un legatus Augusti pro praetore, pas un proconsul non plus.
Défenses examinées
Défense de J.-F. Lavère
Énigme 532 (Valerius et Valeria) cite la phrase et identifie Valérien à Decimus Valerius Asiaticus, mais ne discute pas le titre de Proconsul. Rien sur le point.
Défense du wiki Maria Valtorta
Le wiki (pages « Ponce Pilate », « Légion X Fretensis et cohorte Italique », « Barabbas ») reprend lui-même le mot « Proconsul » pour Pilate sans jamais justifier le titre ; la page « Ponce Pilate » rappelle qu'il était préfet. Aucune défense du terme : ne convainc pas (rien à juger).
Réponses aux critiques
rien trouvé (aucune occurrence de proconsul dans defense-docs/)
Autre défense possible
Une esclave grecque peut employer un titre approximatif (en grec, anthypatos ou hēgemōn) ; l'argument vaut ici mieux qu'ailleurs, mais il est affaibli par l'usage constant du même mot par tous les locuteurs de l'œuvre.
Remarques
Le terme italien « Proconsole » revient 33 fois dans l'EMV, pour Pilate, de façon constante, dans la bouche de tous les locuteurs et du narrateur ; « Procuratore » apparaît une seule fois (604.21). C'est donc l'usage lexical propre à Valtorta (et à l'italien religieux populaire de son temps, où « il proconsole Pilato » est courant), pas un choix de personnage. À traiter comme une seule erreur de vocabulaire, répétée.