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De Pella à Rama

De Wiki Valtorta

Article de L'Énigme Valtorta (Jean-François Lavère), partie « Troisième année de vie publique ».

Ils partent en début de matinée, et ont environ vingt-quatre kilomètres à parcourir pour atteindre Pella, soit six bonnes heures de marche, puis encore huit kilomètres pour atteindre Jabes-Galaad, le terme de cette longue étape. Il est aisé de comprendre pourquoi Jésus recommande aux apôtres en partant : « hâtez le pas »357.12. Au hasard du chemin, une conversation retient notre attention : « C'est un voleur qui pendant des années a volé et tué, en descendant des monts de Caracamoab et de Séla, cette dernière appelée Pétra par les troupes d'occupation »358.2. Difficile d'envisager que Maria Valtorta ait pu imaginer ce dialogue de sa propre initiative : Kerakkamoab, l'ancienne désignation de Kerak, n'était connue que de quelques rares spécialistes en 1945 ; et à cette date la théorie suivant laquelle Pétra pouvait être la Séla biblique était encore bien loin de faire l'unanimité !

A Pella, Jésus est abordé par la mère de Marc, le possédé de Gerasa. Son fils, scandalisé par le discours sur le Pain de Vie, précède Jésus sur la route de Jérusalem, en lui faisant tort. Jésus réconforte la pauvre mère, et lui promet la reconversion future de son fils, mais après la Passion. Elle déconseille à Jésus de parler aux habitants de Pella : « Je parlerai par une action. Et elle suffira pour anéantir le travail des autres »358.8. En effet, Jésus y guérit de leur cécité le jeune Jaïa et sa mère. Il demande simplement au jeune aveugle miraculé : « Toi, parle de Moi à Pella dont la foi vacille. Va ! Dieu est avec toi »358.10. C'est sous une pluie battante qu'ils atteignent en soirée Jabès-Galaad. Aucun des habitants ne leur offre un abri, et le moral des apôtres est à nouveau au plus bas. Seul le toujours jovial Thomas plaisante encore : « Hum ! je ne voudrais pas qu'après des siècles ce pays se venge sur nous de la vilaine surprise qui lui est venue d'Israël[1] ! »359.1. Mais plusieurs de ses compagnons maugréent : « Et nous sommes trempés, gelés, affamés ». « Et la nuit vient. Nous serons bien demain matin après une nuit passée dans le bois ! »359.2. Et jusqu'à Judas qui se fait tentateur auprès de Jésus : « Pourquoi ne fais-tu pas un miracle, au moins un miracle pour tes apôtres ? Tu en fais même pour les indignes[2] ! »359.2. Finalement Jean, en grimpant sur un arbre, aperçoit une pauvre masure isolée. Le vieux Matthias qui y vit seul, se montre très hospitalier. Tous vont pouvoir passer la nuit au sec et se réchauffer auprès d'un bon feu.

Le mardi 27 février au réveil, le temps est toujours aussi exécrable. Matthias arrive sans peine à les convaincre de retarder leur départ. Les habitants de Pella et de Jabès, maintenant informés du miracle accompli par Jésus viennent Le supplier de revenir chez eux. Mais Jésus, qui va bientôt commencer la dernière année de son séjour terrestre, ne peut changer son programme. « Jusqu'à présent je suis resté pour essayer de les convertir. Maintenant je viens et je passe, sans m'arrêter. Je vais vers mon destin qui me presse. Dieu et l'homme m'éperonnent... L'amour m'aiguillonne et la haine m'aiguillonne »359.9.

Lors de sa vision suivante, Maria Valtorta les voit le jeudi 1er mars, une cinquantaine de kilomètres plus au sud, « entre les deux derniers torrents (...) dans ce trapèze formé par les trois cours d'eau[3] en crue »360.1. L'humeur des apôtres est encore plus morose que le temps, et Judas ne manque aucune occasion de mettre la patience de ses compagnons à rude épreuve. Mais Pierre relativise ce mauvais temps : « Lune de Nisan[4], c'est de la pluie qui descend à pleins boisseaux »360.2. Ils atteignent un torrent mais il est en crue et la traversée est impraticable. Ils doivent rebrousser chemin comme le leur conseille un passant : « Quand tu vas trouver le troisième cours d'eau après le Yaloc[5]. Alors tu seras près du gué. Mais fais vite, ne t'arrête pas car le fleuve monte d'heure en heure »360.3. Jésus décide de suivre ce conseil : « Allons vers les montagnes comme il l'a conseillé. Nous perdrons un jour, mais vous sortirez du marécage »360.4. Ils ont à peine le temps d'atteindre les premières pentes, pour trouver refuge dans une grotte alors que déjà la nuit tombe rapidement.

Ils repartent à l'aube, et croisent sur leur chemin une lépreuse à demi mourante. Il s'avère que la malheureuse n'est pas vraiment lépreuse, mais qu'elle a été chassée comme telle par son mari, un notable de Jéricho. Le Seigneur la guérit en disant : « Redeviens la Rose de Jéricho qui fleurit dans le désert et qui vit toujours même si elle paraît morte. Ta foi t'a guérie »360.14. Lorsque Anastasica[6] la miraculée (on apprend son nom en MV 365.10) les a quitté pour aller se purifier selon la loi, accompagnée un temps par Simon le zélote, les apôtres interrogent : « Mais qu'avait-elle, Maître ? Tu as vu la plaie ? » « Oui. Le fruit de la luxure d'un homme. Mais elle n'était pas lépreuse, et si l'homme avait été honnête, il ne l'aurait pas chassée, car il était plus malade qu'elle »360.15.

C'est seulement à la nuit tombante, le mardi 6 mars[7] qu'ils arrivent enfin en vue du gué du Jourdain. Car depuis le sabbat, les villageois de la région, sans doute informés des miracles accomplis, ont retenu ça et là Jésus et ses apôtres pour obtenir la guérison de tous leurs malades. Ils cherchent en vain une barque pour traverser. Dans la pénombre Jésus aperçoit Marie Madeleine, qui vient de traverser le gué à cheval, au péril de sa vie. Elle a appris qu'un complot se trame contre Jésus, et le supplie de rebrousser chemin. « Éloigne-toi… éloigne-toi tout de suite, Maître. S'il savent que tu es ici, au-delà du Jourdain, ils vont y venir. Et Hérode aussi te cherche… »361.9. Jésus la rassure : « Ne crains pas. Ils ne me prendront pas encore. Ce n'est pas mon heure. Même s'ils mettaient des troupes et des troupes de soldats le long de tous les chemins, ils ne me prendraient pas. Ce n'est pas mon heure[8]. Mais je ferai comme tu veux. Je reviendrai en arrière… »361.9.

Voici donc un nouveau contre temps dans ce voyage mouvementé. Décision est prise de rentrer en Galilée. Marie Madeleine préviendra les femmes disciples de retourner à Cana, où tous se regrouperont. Sans plus attendre ils reprennent la route en sens inverse, et marchent de nuit, jusqu'à ce qu'ils trouvent au petit matin un passeur pour les faire traverser. La manœuvre s'avère périlleuse car le Jourdain est en crue. Mais Jésus renouvelle le miracle de Josué[9], en ralentissant le courant durant la traversée. Ils sont maintenant à environ vingt kilomètres de Jéricho, « Entre Silo et Béthel »362.1 indique Thomas, qui connaît bien cette région proche de Rama. Les jérémiades reprennent lorsque Jésus, comme Il l'a décidé la veille, reprend sa marche vers le nord. Les apôtres craignent de ne pouvoir revenir à Jérusalem avant la Pâque[10]. Mais contre toute attente, en cours de journée ils sont rattrapés par le char de Jeanne de Chouza. Manaën, qui accomplit scrupuleusement la mission confiée par Jésus, tient immédiatement à rassurer le Maître : « Nous t'avons obéi parce qu'il faut obéir, mais crois bien qu'il n'y a rien de préoccupant. Je sais de source certaine que Pilate a rappelé à l'ordre ceux qui mettent le trouble, en disant que quiconque créerait des troubles pendant ces jours de fête serait durement puni. Je crois que la femme de Pilate[11]

n'est pas étrangère à cette protection et encore moins ses amies »362.6. Jeanne elle-même, bien informée par son mari de ce qui se passe à la cour d'Hérode, confirme que le danger est écarté. « Alors retournons à Jérusalem ! Vous pouvez aller en toute sécurité. Allons ! »362.7 décide immédiatement Jésus.

Notes

  1. ↑ Thomas fait sans doute allusion au massacre des habitants de Jabès-Galaad par Israël. (Juges 21, 1-14), ou peut-être à la victoire de Judas Macchabée contre Timothée (1 Maccabées 5, 37-52) précisément dans cette région.
  2. ↑ C'est là une des tentations que Jésus, Dieu et Homme, a eu souvent de la part du démon, comme Il s'en confie à Jean, au Gethsémani, peu avant la fin de l'année (MV 527.7).
  3. ↑ Les trois cours d'eau : le Jourdain, le wadi Shu'ayb et le wadi Hesban (ou wadi al Kafrayn), juste au niveau de Jéricho. Maria Valtorta ajoute un croquis sur son manuscrit, qui montre clairement leur position proche du gué de Béthabara. Ils ont donc parcouru près de 50 km (8; 20; 20) depuis qu'ils ont quitté Mathias le mardi après midi.
  4. ↑ Le 1er mars, c'est justement la veille de la nouvelle lune ! Ils sont maintenant théoriquement à une ou deux journées de marche de Béthanie, conformément au rendez-vous donné en MV 350.4. Mais la crue du fleuve va perturber leurs plans.
  5. ↑ Le wadi Hesban (ou wadi al Kafrayn) est le dernier affluent du Jourdain avant son embouchure dans la mer morte. Mais si le gué du Jabboc est le seul encore praticable, il leur faudra remonter vers le nord.
  6. ↑ Anastasia signifie résurrection. La rose de Jéricho (l'anastasica hierichuntina) est une plante surprenante qui semble « ressusciter » dès qu'elle est mise dans l'eau.
  7. ↑ Maria Valtorta remarque « Un premier rayon de lune perce les nuages... Les nuages se sont dissipés et il y a de la lune... »361.7. La nouvelle lune a eu lieu le 4 mars, et la présence de la lune à la tombée de la nuit se vérifie à partir du 6 mars.
  8. ↑ « Ce n'est pas mon heure ». Jean évoque plusieurs fois cette expression de Jésus (Jn 7, 30 ; Jn 8, 20...). Et c'est effectivement une expression que Jésus va redire souvent désormais, pour rassurer les siens (MV 362.2 ; MV 364.3 ; MV 372.4 ; MV 478.6-7 ; MV 503.4 etc.)
  9. ↑ Rapporté dans Josué 3,14-17. Le miracle de Jésus est évoqué quelques jours plus tard par les scribes de Galgala en MV 387.7, puis encore par des riverains du Jourdain, en MV 420.2. Le passeur avait affirmé : « Oh ! je le dirai dans les villes et les villages riverains »361.12, et il a donc tenu parole.
  10. ↑ En ce 7 mars 29, il reste à peine dix jours avant la Pâque, et il en faut au moins huit en cette saison pour faire l'aller-retour en passant par Cana.
  11. ↑ Valéria et Plautina, désormais disciples de Jésus, incitent Claudia à agir.

Analyse critique

Analyse rédigée par Codex, famille GPT-6, variante exacte non exposée (intelligence artificielle d’OpenAI), le 4 octobre 2026, à titre d’essai. Elle cherche à distinguer ce qui est solide, discutable ou erroné dans l’argumentation ; elle ne se prononce pas sur l’origine surnaturelle de l’œuvre.
Grille d'évaluation
Critère Niveau Justification
Exactitude des faits 🟠 Mitigé Les noms sont attestés et les jours concordent en grégorien proleptique, mais les notes lunaires mélangent les conventions et l’itinéraire détaillé reste non vérifié.
Caractère inexplicable
introuvable avant 1943-1947 ?
🔴 Fragile Des encyclopédies antérieures à 1943 publiaient les formes apparentées à Caracamoab et l’identification discutée Séla–Pétra, sans que leur lecture par Valtorta soit établie.
Rigueur de l'argument 🔴 Fragile L’article infère une connaissance extraordinaire d’une rareté non démontrée et ne distingue pas clairement les dates juliennes des dates grégoriennes.

Ce que soutient l'article

L’article reconstitue un voyage contrarié par les pluies et les crues, entre Pella et les environs de Rama. Son principal argument d’information extraordinaire concerne « Caracamoab » et l’identification de Séla avec Pétra. Les dates, distances et remarques lunaires viennent renforcer l’impression de précision.

Points solides

  • Les noms ne sont pas ajoutés par le commentateur. L’italien d’EMV 358.2 porte bien « Caracamoab », « Sela » et « Petra » ; le français conserve ces trois noms. Les montagnes de Kerak ne sont pas une invention géographique : l’ancienne encyclopédie de McClintock et Strong décrit ce relief et rattache Kerak aux formes kerakka de-Moab et Characmoba. Cette correspondance mérite d’être reconnue.[analyse 1][analyse 2]
  • Les jours de semaine concordent avec le calendrier grégorien proleptique annoncé par Lavère. En l’an 29, le 27 février tombe alors un mardi, le 1er mars un jeudi et le 6 mars un mardi. La nouvelle lune du 4 mars julien correspond au 2 mars grégorien : le 1er mars est donc effectivement sa veille dans cette dernière convention. La lune du soir du 6 mars reste compatible avec le récit.[analyse 3]

Points discutables ou fragiles

  • Ancien et peu familier ne signifie pas inaccessible. McClintock et Strong publiaient les formes apparentées à Caracamoab bien avant 1945. Cela ne prouve pas une lecture par Valtorta, et la graphie italienne exacte n’a pas été retrouvée dans une édition antérieure ; cela empêche néanmoins d’affirmer sans enquête documentaire que l’information était réservée à quelques spécialistes.[analyse 2]
  • Séla–Pétra était une identification connue et discutée. La Britannica de 1911 la présente comme habituelle tout en exposant des objections. L’article a donc raison de rappeler l’absence d’unanimité, mais celle-ci ne rend pas l’association difficile à imaginer : les deux positions étaient déjà imprimées. L’International Standard Bible Encyclopedia distingue même les passages bibliques auxquels cette identification pourrait ou ne pourrait pas convenir.[analyse 4][analyse 5]
  • Le parcours demeure une reconstruction. EMV 360 décrit les torrents sans nommer les wadis Shu’ayb et Hesban : ces identifications et les cinquante kilomètres sont apportés par Lavère. Leur exactitude n’a pas été contrôlée ici par une cartographie indépendante ; la cohérence du récit ne suffit donc pas à les valider.[analyse 1]

Erreurs ou inexactitudes

  • Les notes lunaires mêlent apparemment deux conventions. Le « 4 mars » de la seconde note est juste en julien, mais les jours de semaine de l’article suivent le grégorien. Sans préciser ce changement, les deux notes semblent contradictoires. Il faut harmoniser leur présentation ; il serait injustifié d’en déduire une erreur astronomique de Valtorta.[analyse 3]
  • La traduction précise davantage que l’italien. « Troupes d’occupation » rend dominatori, « dominateurs ». Le contexte italien mentionne toutefois un soldat déserteur et un Romain nommé « Elio » : la référence romaine ne vient donc pas uniquement de la traduction. Ce passage ne démontre pas historiquement une occupation ni l’invention romaine du nom Pétra.[analyse 1]

Bilan

Le texte contient de réels noms anciens et une chronologie lunaire compatible, sous réserve de conventions explicites. Cependant, l’argument d’inaccessibilité repose sur une rareté insuffisamment démontrée et sur une identification déjà courante avant Valtorta. Il s’agit d’une précision intéressante, dont la portée probante demeure limitée.

Sources de l'analyse

  1. ↑ 1,0 1,1 et 1,2 Maria Valtorta, L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, 358.2, 360.1-3, 361.7 et 362.1 ; passages contrôlés dans les corpus français et italien validés par l’utilisateur, fichiers locaux ch358.txt, ch360.txt, ch361.txt et ch362.txt.
  2. ↑ 2,0 et 2,1 John McClintock et James Strong, Cyclopedia of Biblical, Theological, and Ecclesiastical Literature, article « Kir-moab », édition indiquée 1880. Texte consulté.
  3. ↑ 3,0 et 3,1 Fred Espenak, NASA/GSFC, Phases of the Moon: 1 to 100, ligne de mars 29 : nouvelle lune le 4 mars à 00 h 58 UT, en calendrier julien ; conventions calendaires. La note 46 de Joachim et Anne viennent prier au Temple annonce l’usage du calendrier grégorien pour la suite de l’étude, sauf mention contraire. Conversion et jours de semaine recalculés par numéros de jours juliens : le 4 mars julien et le 2 mars grégorien donnent le même jour ; ces calculs ne déterminent pas la visibilité effective sous les nuages.
  4. ↑ Encyclopædia Britannica, 11e édition, 1911, « Petra ». Transcription consultée, notamment l’identification habituelle avec Séla et les objections.
  5. ↑ W. Ewing, « Sela », International Standard Bible Encyclopedia, édition indiquée 1939. Texte consulté.