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A Joppé Jésus exhorte Judas et enseigne des gentils

De Wiki Valtorta

Article de L'Énigme Valtorta (Jean-François Lavère), partie « Troisième année de vie publique ».

Dans la soirée du jeudi 3 mai, c'est à Joppé que nous les retrouvons. Jésus y exhorte une nouvelle fois Judas à la conversion, mais toujours en vain. Il évoque alors la mère de Judas : « Ta mère, la dernière fois que nous sommes passés par Kériot n'en finissait pas de me bénir »406.4. Cette phrase n'est pas aussi anodine qu'il paraît. Elle a été écrite le 20 septembre 1944, un an et demi avant l'épisode qu'elle évoque, relatant le second passage de Jésus à Kérioth(MV 394), et qui fut rédigé, lui, le 27 février 1946 ! C'est donc un nouvel indice de l'authenticité des visions de Maria Valtorta, car comment aurait-elle pu, de sa propre initiative, mentionner en 1944 le souvenir d'un épisode qu'elle n'écrira qu'en 1946 ? Des gentils venus des colonies romaines de Grèce[1] demandent à rencontrer Jésus. « Les paroles que tu as dites sont arrivées à Éphèse »406.9, expliquent-ils à Jésus. Effectivement nous savons déjà par Noémie et par son fils Jean que plusieurs habitants d'Ephèse y ont rapporté les paroles de Jésus[2]. Ici encore, les gentils font référence, dans une vision de 1944, à un fait qui ne sera reçu par la voyante qu'en 1946 ! Mais la discussion avec les gentils réserve bien d'autres surprises à ceux qui en feront une lecture attentive... J'évoquerai simplement la connaissance pertinente de la philosophie platonicienne, à l'aide de trois exemples :

  • « Socrate, contrairement à ce que nous de Rome croyons, et contrairement aussi à ce que croient vos sadducéens, admet et soutient que l'homme a une âme et qu'elle est immortelle[3]»406.9.
  • « Ton philosophe dit qu'il est cher aux dieux celui qui est saint[4] »406.11.
  • « Socrate dit aussi que celui qui est saint aime à faire des choses agréables aux dieux[5]»406.11

Jésus rend hommage à Socrate : « En vérité je te dis que le maître grec, tout en étant dans l'erreur d'une religion qui n'est pas vraie, était dans la vérité en disant l'âme immortelle. En quête du Vrai et pratiquant la Vertu, il sentait au fond de son esprit murmurer la Voix du Dieu inconnu, du Vrai Dieu, du Dieu Unique »406.9.

Notes

  1. ↑ Plusieurs détails montrent qu'il s'agit des parents du futur disciple Timothée (Actes 16,1).
  2. ↑ Voir MV 364.3 et MV 365.8, visions reçues en début janvier 1946.
  3. ↑ Affirmations doublement exactes. Platon, dans le dialogue du Phédon rapporte même que ce fut le thème de son dernier dialogue, le jour où il but la ciguë. Et Flavius Josèphe (Histoires 18,2 ; Guerre des Juifs 2,165‐166 ; Antiquités Juives 18,173) confirme cette croyance des sadducéens.
  4. ↑ C'est ce qu'on peut lire dans l'Euthyphron de Platon § 10a où Socrate disserte sur « Le saint est-il aimé des dieux parce qu'il est saint, ou est-il saint parce qu'il est aimé des dieux ? »
  5. ↑ Op. cit. § 9d, Socrate déclare: « ce qui est agréable à tous les dieux est saint ».

Analyse critique

Analyse rédigée par Claude (intelligence artificielle d'Anthropic) le 4 octobre 2026, à titre d'essai. Elle cherche à distinguer ce qui est solide, discutable ou erroné dans l'argumentation ; elle ne se prononce pas sur l'origine surnaturelle de l'œuvre.
Grille d'évaluation
Critère Niveau Justification
Exactitude des faits 🟠 Mitigé Les dates, la correspondance entre les textes de 1944 et de 1946 et l'essentiel du volet philosophique sont exacts, mais une thèse d'Euthyphron est attribuée à Socrate et plusieurs références sont approximatives (Josèphe, « seconde » visite à Kérioth).
Caractère inexplicable
introuvable avant 1943-1947 ?
🔴 Fragile Platon et Josèphe étaient traduits et commentés bien avant 1943 (Bonghi, 1880-1881 ; Ricciotti, 1941), et l'accord sur Kérioth est interne à l'œuvre : en 1946, l'autrice avait sous la main le texte dactylographié de 1944 (EMV 405).
Rigueur de l'argument 🟠 Mitigé L'observation sur Kérioth est réelle et fine, mais l'article en tire une prescience que l'ordre de rédaction ne démontre pas ; les pistes d'Éphèse et de Timothée sont faibles.

Ce que soutient l'article

L'article tire deux indices de l'ordre de rédaction. En 406.4 (20 septembre 1944), Jésus évoque un passage à Kérioth que Maria Valtorta ne racontera qu'en février 1946. En 406.9, des gentils disent que ses paroles sont parvenues à Éphèse, ce qu'illustreraient des chapitres de janvier 1946. L'article salue aussi la « connaissance pertinente » de Platon et identifie ces gentils aux parents de Timothée.

Points solides

  • Les dates sont exactes. Le chapitre 406 est daté du 20 septembre 1944[analyse 1] et le chapitre 393 du 26 février 1946[analyse 2]. Le chapitre 405, écrit le 28 mars 1946, demande d'insérer à cet endroit « la vision du 20 septembre 1944 »[analyse 3].
  • La correspondance est plus fine que ne le montre l'article, qui abrège la citation. En 406.4, la mère de Judas « voulait me baiser les pieds » et disait : « Maître, rends saint mon Judas ! » En 393.1-2, elle veut s'agenouiller pour baiser les pieds de Jésus, qui l'en empêche, puis s'écrie : « Que ne ferais-je pas pour que mon fils devienne un saint ? »[analyse 2].
  • Le volet philosophique est globalement exact. Le Phédon fait de la mort une « séparation de l'âme d'avec le corps »[analyse 4]. LApologie évoque la rencontre d'Homère et des poètes dans l'au-delà[analyse 5]. Selon Josèphe, les sadducéens tiennent que « les âmes meurent avec les corps »[analyse 6]. LEuthyphron demande si le saint est aimé des dieux parce qu'il est saint (10a), ce qu'Euthyphron admet (10d)[analyse 7].

Points discutables ou fragiles

  • Écrire avant ne prouve pas une prescience. Le texte de 1944 existait, dactylographié, en 1946 : l'édition note que Valtorta a réécrit des phrases du chapitre 406 « sur une copie dactylographiée » (note de 406.10), et le chapitre 405 montre qu'elle l'avait en vue en mars 1946[analyse 3]. Elle a donc pu écrire une scène conforme à une allusion antérieure. Cette cohérence interne s'accorde aussi bien avec une vision qu'avec une composition attentive.
  • Évoquer Kérioth ne demandait aucun savoir rare : « Iscariote » s'expliquait couramment par « homme de Kérioth »[analyse 8]. Le motif de la mère qui veut s'abaisser aux pieds de Jésus, et qu'il retient, apparaît dès le chapitre 78 (14 janvier 1945)[analyse 9].
  • Éphèse : que des Juifs de la Diaspora rapportent chez eux les paroles d'un prédicateur n'a rien d'imprévisible ; le groupe de 406.8 compte lui-même « un Hébreu d'Éphèse ».
  • Ces textes de Platon n'avaient rien de rare : en italien, R. Bonghi publia lEuthyphron, lApologie et le Criton en 1880, puis le Phédon en 1881[analyse 10]. Ricciotti résumait la doctrine des sadducéens d'après Josèphe et Ac 23,8[analyse 11].
  • L'identification aux parents de Timothée reste conjecturale : « Eunique » rappelle Eunice (2 Tm 1,5) et la Lycaonie Lystre (Ac 14,6), mais le père de Timothée était « grec » (Ac 16,1), alors qu'ici le mari se dit « romain »[analyse 12].

Erreurs ou inexactitudes

  • « Celui qui est saint aime à faire des choses agréables aux dieux » (406.11) n'est pas une thèse de Socrate, mais paraphrase la définition d'Euthyphron en 14b, que Socrate écarte[analyse 7]. La note 665 renvoie à 9d, où Socrate formule « ce que tous les dieux aiment est saint » comme amendement soumis à Euthyphron, non comme sa thèse[analyse 7].
  • Le séjour de 1946 n'est pas le « second » passage à Kérioth : c'est au moins le troisième, après les chapitres 78 et 213 (9 juillet 1945)[analyse 9][analyse 13]. Ces chapitres étant aussi postérieurs à 1944, l'argument n'en souffre pas.
  • Note 663 : Antiquités 18,173 traite des gouverneurs romains, pas des sadducéens[analyse 14]. Le passage pertinent est 18,16[analyse 6].

Bilan

Le meilleur point de l'article est réel : une allusion de 1944 s'accorde avec une scène de 1946 jusque dans deux détails. Mais cet accord reste interne à l'œuvre, et l'autrice disposait de son texte de 1944 : il ne permet pas de trancher entre révélation et composition cohérente. L'exemple d'Éphèse est faible. Le volet philosophique, globalement juste, relève d'une culture classique accessible, avec une attribution erronée à Socrate. L'article montre une cohérence notable, pas un savoir inexplicable.

Sources de l'analyse

  1. ↑ Maria Valtorta, L'Evangelo come mi è stato rivelato, ch. 406, en-tête « 20 settembre 1944 », Fondazione Maria Valtorta. Lien
  2. ↑ 2,0 et 2,1 Id., ch. 393, en-tête « 26 febbraio 1946 ». Lien
  3. ↑ 3,0 et 3,1 Id., ch. 405 (28 mars 1946), § 12. Lien
  4. ↑ Platon, Phédon, 67d, trad. H. N. Fowler, Perseus Digital Library. Lien
  5. ↑ Platon, Apologie de Socrate, 40e-41a, Perseus. Lien
  6. ↑ 6,0 et 6,1 Flavius Josèphe, Antiquités juives 18,16 ; Guerre des Juifs 2,165, trad. W. Whiston, Lexundria. Lien ; Lien
  7. ↑ 7,0 7,1 et 7,2 Platon, Euthyphron, 9d, 10a, 10d, 14b, Perseus. Lien
  8. ↑ Alfred Edersheim, The Life and Times of Jesus the Messiah, 1883, livre III, ch. 17 (texte intégral ccel.org, consulté en copie locale).
  9. ↑ 9,0 et 9,1 Valtorta, ch. 78, « 14 gennaio 1945 ». Lien
  10. ↑ Bibliographie de Ruggero Bonghi, Dialoghi di Platone, Bocca, 1880-1904. Lien ; Apologia di Socrate, Bocca, 1880, Internet Archive. Lien
  11. ↑ Giuseppe Ricciotti, Vita di Gesù Cristo, 1re éd. 1941, § 34 (édition postérieure consultée).
  12. ↑ Ac 14,6 ; 16,1 ; 23,8 ; 2 Tm 1,5, NRSVUE, BibleGateway. Lien ; Ac 14,6
  13. ↑ Valtorta, ch. 213, « 9 luglio 1945 ». Lien
  14. ↑ Josèphe, Antiquités juives 18,173, Lexundria. Lien